vendredi 28 novembre 2008

Salauds de pauvres !








Le café radical reproduit ci-dessous un éditorial de François Jarraud du café pédagogique[1] sur le bilan de l' expérience menée en Angleterre contre l'absentéisme à l'école. C'est très intéressant parce que revient périodiquement en France l'idée de responsabiliser avec à la clef des idées bienveillantes et répressives afin d'obtenir un comportement civique des intéressés de "mauvais citoyens", certains traduisant cette démarche par l'ironique "salauds de pauvres" reprise du film "La traversée de Paris" de Claude Autan-Lara[2]d'après Marcel Aymé . En ce qui concerne les mesures envisagées alors, et qui allaient jusqu'à la prison, cela marque aussi les limites de la réponse répressive. Finalement, on s'aperçoit que la meilleure réponse à l'absentéisme de l'école c'est de rendre celle-ci intéressante et attractive. C'est bête à dire, mais c'est beaucoup plus difficile à faire.




Angleterre : Échec complet des mesures de responsabilisation parentale
Inefficaces, les mesures de responsabilisation parentales aggravent les injustices révèle une étude gouvernementale britannique. Confrontées au décrochage et à l'absentéisme, les autorités anglaises ont pris des mesures sévères qui ont pu paraître exemplaires. Elles peuvent faire condamner les parents des élèves absentéistes (c'est-à-dire manquant sans motif au moins 20% des cours) à des amendes et même à la prison en cas de récidive. Or la publication des chiffres de 2006 met en évidence l'inefficacité totale de ces mesures. En effet avec 230 000 absentéistes récidivistes, jamais le pays n'a atteint un taux aussi important depuis le début des enregistrements. Pourtant les sanctions ont suivi la montée de l'absentéisme. Le nombre de parents condamnés à une amende a augmenté de 50% de 2003 à 2006 (2 011 à 2 952) Le nombre des emprisonnements a triplé (7 en 2003, 22 en 2006). L'injustice est aussi au rendez-vous puisque sur 74 parents mis en prison, 56 étaient des mères sans doute seules en charge d'enfants turbulents. Ce sont donc les femmes qui sont les principales victimes de cette loi. L’échec de cette politique est instructif. En France, dans un pays qui compte 5% d’absentéistes, certains appellent à punir les parents ou même assimilent absentéistes et délinquants. Un décret de 2006 prévoit une amende de 750 euros pour les parents d'enfants absentéistes. Si toutes ces punitions sont vaines, c'est que l’absentéisme a des causes différentes d’un jeune à l’autre. Pour certains élèves il est le signe d’un désinvestissement scolaire. Celui-ci peut aussi bien provenir de l’ennui ressenti en cours, que de violences, physiques ou morales, subies dans l’établissement. Pour d’autres enfin ce sont des besoins économiques ou des contraintes familiales qui éloignent de l’école. Pourtant des politiques efficaces existent. En Grande-Bretagne, des autorités locales misent sur les aides économiques pour ramener les élèves qui travaillent à l’école. Le gouvernement a même adopté une sorte de "salaire scolaire". Une autre approche consiste à lutter contre l’échec scolaire et l’ennui. En France des établissements s'unissent pour lutter contre le phénomène. Car c'est bien l'Ecole qui détient la principale clé pour lutter contre l'absentéisme.

[1] Le lien avec le café pédagogique http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/11/28112008Accueil.aspx
[2] Le lien sur you tube ( si si, allez y, c'est un grand moment de cinéma et ça fait froid dans le dos ...) http://www.youtube.com/watch?v=VYtN5BmCzQc
[3] le lien avec l’article du guardian http://www.guardian.co.uk/education/2008/nov/27/truancy-absent-school

jeudi 27 novembre 2008

Cellules individuelles: Dati ne connaît rien



Ci-dessous, un extrait du blog de Jean-Jacques URVOAS qui retrace sa vie de parlementaire.


Un décret est paru le 10 juin 2008 afin de mettre la France en conformité avec les principes Européens qui imposent la possibilité pour tout détenu d'avoir droit à une cellule individuelle. Rappelons que ce principe aurait évité notamment à la prison Bonne Nouvelle de Rouen que deux personnes soient assassinées par leur co-détenu. Cette situation met de fait bien des maisons d'arrêt hors la loi... ce qui est dommage pour une institution dépendant du Ministère de la Justice.




Jean-Jacques URVOAS est député PS, élu du Finistère

Cellules individuelles: Dati ne connaît rien


La publication du décret du 10 juin 2008 relatif au régime de détention, qui modifiait les règles concernant l’encellulement individuel des prévenus, m’avait conduit à interroger par le biais d'une question écrite publiée au Journal Officiel, Rachida Dati sur le nombre exact de cellules effectivement occupées aujourd’hui par un seul détenu. En l’espèce, il n’était nullement dans mes intentions de mettre la ministre dans l’embarras. L’application du droit à l’encellulement individuel, pensais-je naïvement, impliquait qu’au préalable un état des lieux exhaustif de la situation ait été dressé, et, n’en ayant pas eu connaissance, je souhaitais seulement en connaître la teneur. Las, Rachida Dati est bien en peine de me renseigner. Visiblement gênée, elle me fait savoir qu’une nouvelle application informatique « sera prochainement mise en œuvre qui facilitera l’identification du nombre de cellules effectivement occupées par un seul détenu ». Pour l’heure, donc, personne n’en sait rien… Le bon sens amène alors à se demander comment on peut prendre un décret sur la généralisation de l’encellulement individuel en ignorant tout de l’ampleur de l’effort à consentir. Un esprit malintentionné en viendrait presque à douter de la volonté qui anime la ministre d’aboutir à un résultat tangible sur cette épineuse question !


Epineuse question qui sera évoquée, bien sur, samedi 5 décembre lors du café radical animé par l'avocat Etienne Noël : Justice, faut-il avoir honte de nos prisons ?[1]

[1] Café radical vendredi 5 décembre à 18 h 30 à l aVrasserie « Le Jardin de Bigards », 39 rue du Quai à Louviers. Débat : « Justice faut-il avoir honte de nos prisons ? », débat atnimé par Etienne Noël

lundi 24 novembre 2008

Un partout, la balle au centre ...


Match nul au PS
Et à qui profite le crime ?
Nous avions vu Sarkozy vainqueur du premier tour, mais c'est Bayrou qui s'impose ... provisoirement.
Je reprends ma formule favorite et qui devra être celle de Martine Aubry comme de Ségolène Royal :
"Se vogliamo che tutto rimanga com'è, bisogna che tutto cambi", Si nous voulons garder les choses comme elles sont, alors il faut que tout change !
Si nous voulons une gauche qui reste la clef de l'opposition, elle doit se transformer totalement...
Bien malin qui pourrait dire qui emportera le morceau d'ici une semaine, même si Martine a une longueur d'avance... Mais ne sera-ce pas une victoire à la Pyrrhus ? En s'appuyant sur des forces antagonique pour battre Royal sur le fil, sera-t-elle capable de reconstruire la gauche... Une gauche qui doit s'appuyer notamment sur ce que représente Ségolène ?
De toute façon, la partie n'est pas finie.
Aucun des problèmes soulevés ne peut être ignoré sous peine de précipiter la chute durable de la gauche.
On a vu il y a peu un parti communiste s'écrouler qui paraissait autrement solide !













vendredi 21 novembre 2008

Une analyse à chaud





Une fois en tête, deux fois en tête, et la troisième ? Patatras ou marche triomphale ? Ségolène Royale a une nouvelle fois déjoué les pronostics.

Encore une fois, c'est bien la preuve qu'au parti socialiste, on ne tient plus rien, et que celui-ci est en train d'exploser.
Ségolène Royale est passé de 29 à 43 % sans aucun soutien supplémentaire autre que des choix personnels d'électeurs.
Martine Aubry, qui bénéficiait du soutien ajouté de Bertrand Delanoë passe à 34 %. C'est 10 % de plus... mais c'est surtout la preuve que chez les électeurs de Delanoë, le TSS (Tout sauf Ségolène) ne passe pas !
Enfin, Benoît Hamon recueille presque 23%, un score renforcé de 4 % par rapport au 1er tour.
Le fait que ce dernier appelle à voter Aubry est dans la logique des choses. Il rejoint Fabius et la logique franchouillarde du non au référendum mais surtout, il se complaît dans une logique de parti dans laquelle une direction mal assurée lui permettrait de prospérer.
Car, imaginons que Martine Aubry gagne. Elle aurait pour la soutenir le libéral socialiste revendiqué Bertrand Delanoë, en même temps que le gauche-gauche Benoît Hamon, en même temps que le baron haut normand Laurent Fabius. Parmi ceux-ci, elle devra gérer les ambitions présidentielles de Laurent Fabius, Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn, à qui elle devra sa présidence. En gros, elle ne pourra pas remuer le petit doigt ... d'autant qu'elle ne pourra plus se servir du Tout sauf Ségolène.
L'avantage avec Ségolène, c'est qu'elle est cohérente. Ses soutiens ne viennent pas de courants structurés, mais d'un projet militant.

Telle que la situation se présente, elle seule a les moyens de faire bouger le parti et la gauche ... voire de battre Sarkozy.

jeudi 20 novembre 2008

Le rapport qui accuse la France



Il est sorti !


http://www.medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20081119/1120716_rapportdh.pdf


En cliquant sur le lien ci-dessus vous aurez accès au rapport rédigé par Thomas Hammarberg en photo en haut à gauche), Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe.


Voilà la France, pays des droits de l'Homme, montrée du doigt aux yeux du monde entier.



En matière d'humanité et de justice, la politique du chiffre prônée par Hortefeux et Sarkozy est catastrophique en dehors de toute évaluation sur son efficacité. On procède à des interpellations, on pousse les fonctionnaires à faire du chiffre. En intervenant contre les immigrés les chiffres de la lutte contre la délinquance augmente sans que la délinquance elle-même soit en baisse. On augmente les contrôles au faciès (pendant qu'on condamne un avocat qui a osé le dire dans un ouvrage. Mais ceci est une autre histoire).

On demande aux immigrés de régulariser leur situation et on en profite pour les arrêter ... dans les préfectures et les écoles. Cet arbitraire figure toujours dans le rapport.

Les centres de rétentions sont dénoncés pour leur inhumanité et leur inadaptation aux réalités et aux nombres d'enfants retenus dans ces centres ...

Bien entendu, le commissaire Européen aux droits de l'homme exige de la France qu'elle réponde "immédiatement aux conditions inacceptables de détention des détenus contraints de vivre dans des cellules surpeuplées et souvent vétustes".


La politique répressive du gouvernement y est dénoncée comme ayant aggravé les conditions de détention : "Sept détenus sur dix sont écroués dans des établissements surpeuplés"


..."toute surpopulation engendre automatiquement une carence en terme de surveillants, de travailleurs sociaux ou de personnel administratif"... "détenus et personnels subissent tous les dysfonctionnements de la gestion pénitentiaire française".
La création de 13.000 places supplémentaires ne sera pas une solution et de plus, doit être impérativement accompagné de la création de postes de travailleurs sociaux, en sous-effectif flagrant et disposant de moyens insuffisant.


Enfin, le rapport dénonce le principe de la rétention de sûreté qui prévoit l'enfermement des criminels une fois qu'ils ont purgé leur peine. Le cauchemar absolu !


Le rapport traite aussi du durcissement de la justice juvénile...

Encore une fois, la prison ne doit pas être vécue comme une fin en soi, mais comme un moyen de réinsertion et de rééducation. On en est très très loin !

L'actualité rejoint tragiquement le débat prévu pour un café radical exceptionnel en présence d' Etienne Noël.





Rappel de la date :
le 5 décembre à 18h30,
brasserie "le jardin de Bigards"
39 rue du Quai,
à Louviers

Obama va injecter des milliards dans les maternelles !







Aujourd'hui, grève des enseignants en France ...
Disons-le franchement, cette grève va bien au delà d'une défense corporative des enseignants. Elle rejoint dans l'esprit le vaste mouvement qui agite l'Italie scolarisée de Berlusconi.

Avec son projet scolaire, le gouvernement lance le chantier d'un immense gâchis. Si les chiffres démontrent que l'éducation française a besoin de se moderniser afin de s'adapter aux défis d'un monde en mouvement, la seule ambition du gouvernement se limite à en diminuer les coûts.



C'est ce qu'a dénoncé Jack Lang il y a quelques mois, c'est ce qui se révèle au fur et à mesure des projets.



La Finlande, de l'avis unanime a montré la voie d'une modernisation de l'enseignement... et la France supprime les RASED, alors que c'est la formule qui se rapprochait du modèle finlandais ... c'est à dire un suivi personnalisé de l'élève en difficulté.



Même chose pour les maternelles. qu'il faille une réflexion sur les maternelles et sur l'enseignement primaire, qui le nierait ? Faut-il par exemple commencer à 2 ans la scolarité ? C'est loin d'être évident.



Mais remettre en cause le modèle de l'enseignement pré-élémentaire n'offre aucun intérêt autre que financier ou idéologique.



En tous les cas, Obama offre un sévère démenti à la démarche en prévoyant un effort financier sans précédent sur l'école maternelle, car, compour reprendre la formule du Dr Dodso : TOUT SE JOUE AVANT SIX ANS !






Ci desous, l'article paru dans le café pédagogique de ce jour :












Pourquoi Obama injectera-t-il des milliards dans les maternelles ?




Alors qu'ici on ampute la maternelle, aux Etats-Unis on fait le contraire. Comment expliquer cela ? Pourrait-on se tromper de ce coté de l'Atlantique ? Selon Education Week, l'équipe du futur président est déjà au travail… et travaillée par différents lobbys. Un premier enjeu est l'inclusion de l'éducation dans le plan de relance de l'économie. Cette proposition est soutenue par la fédération syndicale AFT. Et B. Obama a promis une révision de la loi No Chlld Left Behind pour en améliorer qualitativement les tests. Mais on retiendra surtout que le futur président a prévu d'investir 10 milliards de dollars dans l'enseignement pré-élémentaire.

Cette politique n'arrive pas par hasard : plusieurs rapports (Hitting Homes en 2007, Tough Choices en 2006) ont montré aux Etats-Unis que c'était là qu'il fallait investir pour augmenter le nombre de diplômés du supérieur. Selon Travis Reindl, auteur de "Hitting Home", le pays devra augmenter de 37% sa production de diplômés du supérieur pour faire face aux besoins économiques des Etats-Unis. Une étude du Bureau du Travail a calculé que d'ici 2014, les Etats-Unis auront besoin de 30% de jeunes titulaires du bac en plus, de 20% de jeunes de niveau universitaire, de 17% de titulaire d'une licence en plus, etc. (alors qu'ils sont nettement plus nombreux qu'en France proportionnellement).

L'enseignement pré-élémentaire est perçu comme LA réponse à ces besoins. L'Amérique sait bien que c'est uniquement dans les couches populaires qu'elle dispose encore d'un vivier de futurs étudiants capables de la maintenir au rang de première puissance innovante mondiale. Or l'école maternelle est pour ces catégories sociales la clé pour lutter contre l'échec scolaire. Une réalité démontrée aussi en France par plusieurs rapports. Dans un pays où l'école maternelle est peu répandue, le rapport Hitting Home demande à ce que tous les enfants soient scolarisés en maternelle à partir de 4 ans, à partir de 3 ans pour les enfants des milieux défavorisés.

Un raisonnement qui n'a pas atteint l'autre rive de l'Atlantique où les ambitions pour la jeunesse sont, il est vrai, plus modestes. La France qui avait une avance en matière de scolarisation précoce est en train de la perdre. En interdisant la scolarisation à deux ans, comme il veut le faire, le gouvernement va remettre en cause automatiquement celle à trois ans, du moins pour les enfants nés par exemple à l'automne. Ce recul "administré" de la scolarisation à trois ans pourra ensuite, comme on le voit pour les 2 ans, être utilisé pour amputer encore d'une année l'école maternelle. On a bien vu, dans les commissions sénatoriales, que l'avenir des jeunes défavorisés pèse moins que le présent des économies budgétaires. Pas d'avenir. Pas de couleurs…
Référence : le café pédagogique

mercredi 19 novembre 2008

Ce qu'il y a de bien, avec Ségolène ...

Suite d'une discussion avec Denis dans la cour de la mairie.
Denis a beaucoup de mal à soutenir Ségolène Royal, pour des raisons très compréhensibles.
Le café radical soutient cependant Ségolène Royal ... attitude courageuse, puisque tout le monde la donne gagnante.
Attitude inutile d'ailleurs, puisque nous sommes radicaux et que personne ne nous demandera notre avis pour le vote de demain soir (et plus si il y a un deuxième tour ...)
Comme le disait Nicolas Demorand à Martine Aubry sur France Inter : "mais qu'est ce qui vous distingue de Ségolène Royal ?"

Et Martine Aubry de s'avancer comme elle pouvait ... Personne ne croit que Martine Aubry soit plus à gauche que Ségolène Royal, tant sur le plan de la posture que sur le plan des alliances[1]...
Elles sont par ailleurs de la même génération ...
Et pourtant, elles sont fondamentalement différentes.
La question, malgré ce qu'on veut faire croire ne tient pas aux personnes. Là dessus, chacun son goût.
La question vient de ce qu'elles représentent des forces fondamentalement différentes.

Ce qu'il y a de bien avec Ségolène, c'est qu'elle ne s'appuie pas sur l'appareil socialiste.
Pourquoi c'est bien ?
Le café radical ne soutient pas cette attitude par sensibilité anarchiste ou libertaire. Pas du tout ! Des appareils, il en faut. Il en faut même des bons.
Le problème c'est que jour après jour, élection après élection, le parti socialiste démontre l'usure et l'inanité de son appareil.
Le parti socialiste démontre qu'il est capable de jouer un rôle d'opposition, de contestation, qui lui a permis de remporter des élections locales, mais il démontre qu'il reste un parti d'élus, structurés autour de barons locaux, plus attachés à garder leur territoire qu'à construire une ambition nationale. Comme tout pouvoir attaché à se reproduire en dehors des réalités, il se constitue sur des mensonges, ces mêmes mensonges qui empoisonnent la vie politique depuis 50 ans, et qui sous un discours de gauche fait passer une politique de droite.
Le plus bel exemple en est donné par Guy Mollet, le molletisme ayant permis parallèlement à un discours marxiste révolutionnaire de lancer notamment la sale guerre d'Algérie.
Mitterrand a réussi à tirer le parti socialiste de l'ornière grâce au programme commun de la gauche qui a eu pour effet de cimenter la gauche et le parti autour d'un programme social sur lequel il a fallu battre en retraite, certes ... mais sur les ruines duquel le parti socialiste survit depuis plus de 30 ans.
Jospin a fait valoir le droit d'inventaire... ce qui ne voulait dire au fond qu'un changement en surface des pratiques...
A présent, plus le temps passe, et plus la nécessité se fait sentir qu'une refonte et qu'un nouveau souffle est indispensable au parti socialiste pour sa propre survie et pour que la gauche toute entière puisse à nouveau espérer.

Voilà pourquoi, au fond, la seule différence programmatique (et ce n'est pas un hasard) tient au mode d'adhésion.
Là-dessus, Martine Aubry ne veut rien changer... Cela veut dire un parti un parti qui continue de perdre ses adhérents et qui se renforce dans ses défauts... (dont nous ne ferons pas l'inventaire). Cela veut dire qu'à partir du principe dénaturé d'avant-garde marxiste, on en arrive à la réalisation d'un parti de notables qui ne veut pas dire son nom.

Or Ségolène demande à ce que le parti socialiste devienne un parti de masse. Il n'y a rien d'autres derrière sa proposition d'une adhésion à 20 € et même moins pour ceux qui n'en auraient pas les moyens. Cela veut dire aussi, l'adhésion de militants intéressés par l'action politique et pas par les postes qui pourront leur être attribués par des barons locaux.

Ce n'est pas grand chose ... peut-être, mais cela peut devenir le levier d'un changement très profond au niveau des rapports de force.

[1] Evacuons tout de suite la question de l’alliance ou pas avec le Modem. Outre le fait que Martine Aubry se ridiculise en disant qu’elle est contre nationalement ce qu’elle fait localement, on peut y voir précisément le symptome de la pratique molletiste dont il sera question plus loin, à savoir : ne jamais dire clairement ce qu’on aura à faire en attendant que ce soitent les cironconstances qui l’imposent ce qui évite d’avoir à changer de discours… C’est la définition d’un opportunisme bien pensé. Ce n’est pas là dessus qu’on peut construire un projet politique.

Qu'est ce qui se cache derrière la photo ?

Christophe Schimmel / AFP
Cette photo aura marqué toute une génération. Pour ceux qui ne sont pas de cette époque, le café radical fait un petit rappel historique.
Ca se passe à Billancourt devant les usines Renault le 25 février 1972.
Un jeune homme participe à la distribution de tracts devant l'entreprise qui représente un objectif stratégique pour le groupuscule virulent auquel il appartient : la gauche prolétarienne.
Très rapidement, le défi dégénère entre gardien de l'entreprise et le militant gauchiste.
L'enjeu : quelques mètres carrés, un territoire de distribution situé en deça ou en delà des grilles de l'entreprise ... comme à chaque distribution depuis des mois.
Le jeune homme s'avance avec une barre de fer. Le vigile sort une arme.
Il s'agit de Pierre Overnay et de Jean Antoine Tramoni.
Pierre Overnay : tu n'oseras pas ...
Jean Tramoni ose ...
Le bilan est lourd : un mort
Le bilan est lourd : le mouvement gauchiste tient là la preuve absolue de la malignité du système.
L'émotion individuelle se transforme en émotion sociale et politique
500.000 personnes défilent aux côtés de l'extrême gauche. Jamais, 4 ans après mai 68, le gauchisme ne s'est senti aussi fort.
C'est son crépuscule flamboyant. Quelques mois après, il entre dans la nuit. La Gauche Prolétarienne (le mouvement auquel apartenait Pierre Overnay) s'auto dissout.
Un autre drame se produit côté trotskyste (Pierre Overnay était Maoïste), l'autre versant du gauchisme, c'est la mort de Michel Recanati[1] magnifiquement raconté dans le film de Romain Goupil : mourir à 30 ans.
La jeunesse s'éloigne du gauchisme militant et celui-ci trouve son exutoire dans la participation électorale qu'il exécrait.
Tous ceux qui se sont avec passion attachés à la Révolution réalisent qu’ils ne feront pas l’Histoire et chacun est à la recherche de compromis avec ce monde qui représentait le mal absolu.
C’est le drame de l’adolescence poussé à son paroxysme.
Nombreuses dépressions, nombreux suicides, parcours cahotiques pour de nombreux militants à la pointe d’une génération et qui ont souvent été abandonnés par des leaders qui les avaient embarqués.
L’histoire de Christophe Schimmel est à cet égard emblématique. C’est lui qui, à 18 ans à l'époque, photographie la scène.
Il était là pour apporter des témoignages photo de l’action révolutionnaire. Sa photo a été reprise par toutes les agences de presse. Elle ne lui a jamais rapporté un rond !

Libération donne un témoignage émouvant de ce militant, qui se raconte après plusieurs tentatives de suicides et une vie cahotique. Il raconte que 15 des 35 personnes qu’il a recruté dans sa mouvance sont mort de mort violente (suicide, overdose etc), bien avant l’âge comme on dit.
http://www.liberation.fr/politiques/0101266917-tombes-pour-les-maos




[1] Il faut voir le film de Romain Goupil, alors tout juste remis de ses années de militantisme au Front Communiste Révolutionnaire. Michel Recanati, dirigeant du parti était chargé du service d’ordre et avait réussi l’exploit de tenir le terrain face à l’extrême droite et surtout face à la police lors d’une manifestation emblématique. Un summum d’organisation qui a valu l’admiration militante et la dissolution de son parti devenu à la suite Ligue Communiste Révolutionnaire, le parti de Besancenot. Dans une logique toute bolchévique, Michel Recanati, est exclus de la direction pour dérive militaire. Il entre alors dans une profonde dépression qui se traduira par un suicide.

mardi 18 novembre 2008

Créteil, le dépôt de la honte

Sur le site du monde, un article sur un rapport confidentiel faisant état du délabrement du dépôt du TGI de Créteil. Il accueille pourtant un nombre croissant de personnes en garde à vue ou détenues.



une cellule du dépôt de Créteil, extrait du rapport confidentiel
Au-delà de l'exigence d'une justice de qualité, d'une démarche conforme aux droits de l'homme et de la nécessité d'une politique de réinsertion, une occasion de rappeler le débat du café radical :
Faut-il avoir honte de notre justice ?
Vendredi 5 décembre
18h30 au Jardin de Bigards
animé par Etienne Noël,
Avocat pénaliste,
Responsable de l'observatoire international des prisons

Crise au PS, de la psycacanalyse à 2 balles !



C'est la conjuration des imbéciles !


C'rest un classique en matière de relations humaines que de soulager les tensions d'un groupe en lui permettant de se trouver un ennemi commun.
Dans le sujet qui nous concerne tous, il s'agit juste de souder des personnalités qui n'ont pas grand chose à faire ensemble mais que modernisation du parti socialiste mettrait en danger !
Fabius, Aubry, Delanoë et les autres, indépendamment de leurs talents et de leurs faiblesses individuelles ouvrent la voie à une catastrophe. Une fois Aubry élue, ils passeront leur temps à s'éborgner pour s'arracher les places entre eux laissant tomber et le terrain et le reste de la gauche !

Tant pis pour tous ceux qui ont besoin de la gauche ...


Nous avons là, à l'échelle nationale la copie conforme de se qui s'est passé à Louviers où le PS a créé un front anti-Martin non pas pour lui-même (le PS a lourdement perdu), non pas pour la gauche (elle a offert le siège à la droite et à Auzoux qui n'en demandait pas tant), mais juste pour le plaisir d'exister ... quelque chose relevant pour les psychanalystes de l'analité, du plaisir qu'ont les petits de se découvrir en jouant avec leurs déjections... les protestations d'adultes ne constituant qu'un décor du jeu.
Françoise Dolto revendiquait une grande indulgence envers les comportements régressifs. Elle y voyait une condition nécessaire à une future évolution.

Ce sont là des approches qui permettent de se consoler lorsqu'on doit éponger les dégâts.

Malgré tout, pour que l'impuissance de la gauche n'aille pas au delà de 2012, il serait souhaitable que la gauche passe à une phase constructive de son développement.
Il y a urgence !








lundi 17 novembre 2008

l’irresponsabilité de certains dirigeants a poussé à ce choc absurde

Le café radical a transmis de temps en temps les avis de Pierre Moscovici, qui portaient un timide éclairage sur les préparatifs du congrès de Reims. Il refusait le choix d'un chef.
On a longtemps cru au café, qu'il s'agissait là du choix porté par son chef Dominique Strauss Kahn, avant de se rendre compte que celui-ci avait d'autres soucis et qu'il était incapable de tenir ses troupes.


Bref !

Le point de vue de Pierre Moscovici, s'il n'est pas le notre, apporte une intelligence sur le devenir du parti socialiste et de la gauche. De cela, nous sommes preneur. Il refuse en tous les cas de se ranger au côté des fabiusiens dans un suicidaire Front Anti-Royal. Le malheur n'excuse pas tout.




Le Congrès de Reims s’est conclu sur un échec retentissant, il s’est achevé sans que se dégage une orientation politique majoritaire, sans synthèse, après s’être déroulé dans la tension. Je ne vais pas revenir ici sur le film : vous avez suivi, heure par heure, la dramaturgie de cette catastrophe annoncée. Le Parti socialiste est en crise, il a montré aux Français sa face sombre, au moment où Sarkozy paradait au G20 – une rencontre d’ailleurs moins fructueuse qu’il ne l’espérait et ne l’a dit. Saurons-nous nous ressaisir ?
L’enjeu de la semaine qui s’ouvre, décisive pour l’avenir de la gauche, est là. Je veux plutôt revenir sur les causes de ce désastre, et expliciter ma position sur les choix qui nous attendent.
C’est un grand tort que d’avoir raison trop tôt : c’était le titre des mémoires d’Edgar Faure, emprunté je crois à Turgot. Reconnaissez-le, je vous ai décrit, jour après jour, la mécanique perverse d’un Congrès d’échec. À cela, je vois trois raisons principales.

La première tient à nos « institutions », nos règles. Celles-ci superposent un parlementarisme absolu – la proportionnelle intégrale pour l’élection de nos instances – tel que celui de la IVe République, et le présidentialisme total – le vote des militants pour désigner le premier secrétaire – sur le mode de la Ve. Cette combinaison détonante porte le double risque de la fragmentation et de la division : nous pouvons, après Reims, avoir les deux.

Deuxième cause, liée : la tentation de la présidentialisation du parti. J’avais prédit que celle-ci, dans un contexte où s’affrontaient plusieurs personnalités fortes, mais dont aucune ne fait naturellement l’unanimité, ne pouvait que déboucher sur un choc violent et nullement conclusif : quel que soit le résultat de vendredi, le match continuera. En attendant, cela ne facilite pas la remise au travail collectif pour laquelle j’ai tant milité.

Troisième facteur, enfin : l’irresponsabilité de certains dirigeants, qui ont poussé à ce choc absurde. On comprendra que je sois plus particulièrement critique à l’égard de ceux qui ont cassé sciemment, méthodiquement, la famille sociale-démocrate qui aurait pu, unie, jouer un rôle central dans ce Congrès. Mais foin du ressentiment : c’est une impasse générale qui a abouti à la triste fin, que vous connaissez, de la commission des résolutions du Congrès de Reims.
Alors, que faire ?
J’ai été, vous le savez, un acteur très sollicité de ce Congrès. Je me suis efforcé d’y jouer un rôle stabilisateur, j’ai été évoqué ici et là comme une solution, j’ai refusé de choisir entre le « TSS » et le « tout pour Ségolène ». La motion A ne sera pas présente dans le vote qui vient : Bertrand Delanoë n’a pas souhaité ajouter la confusion à la confusion, et vivre une nouvelle épreuve face au risque d’une coalition hostile, je le comprends. Mais cette situation est pour nous délicate, indéniablement, car dans ce Congrès, il était notre candidat, le seul. Comment affronter cette passe difficile ? J’ai, pour cela, trois convictions. D’abord, je ne souhaite pas - après en avoir parlé avec liberté et amitié à Bertrand, qui admet ma position comme j’accepte la sienne - donner de consigne de vote. Je demande que ce soit compris et respecté. C’est pour moi le résultat logique de ce dur week-end. En effet, si un choix, plutôt qu’un autre, s’était dégagé avec netteté, le Congrès de Reims se serait conclu autrement, et nous aurions participé à une majorité ou à une autre. Je voterai, bien sûr, je choisirai au premier tour, j’éliminerai au second – en fonction aussi, d’ailleurs, de ce que diront les candidats cette semaine. Que chacun le fasse en son âme et conscience, à partir de ses analyses et engagements, sans condamner celui qui ne pense pas comme lui : c’est ce que je suggère à tous ceux qui veulent bien m’écouter, me suivre parfois. ...

Vendredi au plus tard, le PS aura un leader, légitime mais fragile, mais il n’aura pas de direction. Il nous reviendra, alors, d’être les avocats de ce qui aura le plus manqué dans ce Congrès terrible : l’attachement à l’unité des socialistes, le réformisme conséquent, la cohérence des comportements. C’est ce pourquoi je me bats depuis des années. C’est ce pourquoi j’ai milité ... depuis 2007. C’est ce pourquoi je vais continuer à me battre, avec mes amis ...

La politique est une longue patience : j’en ai, je suis combatif, et je n’ai pas peur de l’ascèse. Je ne renonce pas à avoir, finalement, raison… à l’heure.


Pierre MOSCOVICI

dimanche 16 novembre 2008

Faut-il avoir honte de notre justice ?

Maître NOEL animera le café radical le 5 décembre
Avocat pénaliste à Rouen, Me Etienne Noël a suivi les terribles faits divers qui ont projeté leur éclairage blafard sur l'état des prisons en France et en particulier à Rouen où un homme s'est trouvé mangé par son co-détenu( !!!) deux ans avant que dans la même prison un homme arrêté pour conduite en état d'ivresse ne soit assassiné par son voisin de cellule.
Maître Etienne Noël est le correspondant normand de l'Observatoire International des Prisons.
Voilà qui nous permettra d'aborder les principes de justice et la réalité d'une politique répressive au delà de l 'état de nos prisons, de leur non-conformité aux principes des droits de l'homme et du droit Européen qui impose désormais une place par cellule pour chaque détenu...
Rendez-vous au pour un café radical exceptionnel
vendredi 5 décembre 2008
au jardin de Bigards,
39 rue du Quai
Louviers

vendredi 14 novembre 2008

Le PS est en crise ...

Ajouter une vidéo ... mais ce n'est pas une raison pour laisser tomber la politique !







Défendons le droit et les libertés !



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mercredi 12 novembre 2008

A quand l'Europe ?


Ce n'est pas le tout de claquer la porte, mais une fois dehors, par ces temps-ci, on risque fort d'attraper froid... et de se sentir seul.

How does that feel to be without a home ? disait Bob Dylan - Ça fait quoi d'être un SDF ?

Bon, au delà de toute ma compassion pour les sans-abri, c'est l'attitude de Jean-Luc Mélenchon, qui veut créer son propre parti et qui lance des appels à l'unité faute de pouvoir casser le parti socialiste.

Il a donc décidé de rassembler les fossoyeurs de la constitution européenne ...

Coalition fictive !

Qui du PC, de Besancenot, et des autres voudrait d'un Mélenchon ?

Lors même que les événements démontrent l'ardente nécessité de l'Europe, Mélenchon ressasse ses vieilleries conservatrices ... Mais n'est pas Fabius qui veut... Et l'Europe n'est ni morte ni enterrée.
La France, la Gauche, l'Europe et à vrai dire le Monde entier paient assez cher le coup de 2005 pour qu'on ait de quoi se prémunir d'une telle attitude !

Nous, les radicaux, nous préparons clairement les européennes avec un programme qui défendra la poursuite de la construction européenne, l'intégration de la Turquie et la défense d'une nouvelle universalité dans la reconnaissance des particularismes locaux.
Une Europe fédérale, quoi !...
On en reparlera

lundi 10 novembre 2008

Le PS va dans le mur !


Le café radical l'a dit : le grand vainqueur de la consultation interne au PS est Nicolas Sarkozy !

Les faits semblent confirmer la dure réalité.

La seule chance de s'en sortir était bien sur de nommer Ségolène Royal à la tête du PS. C'eût été la moins pire des situations.

Pourquoi les Royalistes renoncent-ils à Ségolène ? Pourquoi mettre une potiche à sa place, qui nne fera qu'exciter les convoitises des élephants ?Que feront Julien Dray, Vincent Peillon ou François Rebsamen à la tête du parti socialiste... Du François Hollande en pire !


Voilà qui va donner le plus grand espoir à toutes les ambitions personnelles au sein du PS et qui prépare les plus belles empoignades internes dont chacun espère déjà pouvoir tirer les marrons du feu ...


Le PS était la colonne vertébrale de la gauche. Il va avoir de plus en plus de mal à endosser les responsabilité que lui donnait cette situation.


Les radicaux ne peuvent se satisfaire de la situation, même si elle attire vers eux, tous ceux qui veulent trouver une perspective à gauche !


vendredi 7 novembre 2008

Indispensable OBAMA


La vidéo de Berlusconi a fait le Tour du Monde. Le premier ministre Italien a salué la victoire de Barack Obama en Russie[1] en disant que le nouveau président avait tout pour réussir vu qu’il était jeune, beau et « bronzé ». Et d’afficher un large sourire de Beauf.
Certes, nous sommes ici en droite ligne du discours de Dakar, où Sarkozy avait expliqué gravement aux Africains que leur Histoire était due à leurs gênes d’hommes africains (je sais, ce n’est pas exactement ce qu’il a dit, mais ça ne valait pas plus cher…).
C’est la même vulgarité indigne d’un chef d’Etat.
Et c’est cette vulgarité que Barack Obama combat par l’exemple …
A la table des Etats, les blagues racistes de bistrot n’ont plus leur place.
Merci Obama !

[1] La Russie est le seul pays ne pas avoir salué la victoire de Barack Obama




Ci dessous, la "gaffe de Berlusconi" commentée dans tous les pays du monde, le site de la Repubblica relayant la honte des Italiens ...


Et le vainqueur est ...


Le PS est dans la pire des situations...
Ségolène Royal arrive en tête avec moins de 30 % des suffrages, elle devance Bertrand Delanoë qui a moins de 25, tout juste devant Martine Aubry et Benoît Hamon à 19 %.
Ingérable ! Déjà Mélenchon annonce son départ, histoire d'éparpiller un peu plus les voix de gauche en créant un parti sans avenir !
Comme l'a dit ce matin Philippe Val (cf photo) : un Parti Démocrate dans cet état là et nous avions Barack Obama président de SOS Racisme et John Mac Cain à la Présidence…
ne nous réjouissons pas trop de la déconfiture socialiste qui va continuer longtemps à régler ses comptes en interne[1] (Michel Rocard s'en va en déposant quelques grenades et Lionel Jospin a refusé de prendre part au vote ...). En attendant, le grand vainqueur des élections au PS est Nicolas Sarkozy !

[1] (Michel Rocard s'en va en déposant quelques grenades et Lionel Jospin a refusé de prendre part au vote ...).

mercredi 5 novembre 2008

Le discours traduit du futur président Barack Obama

Cliquez sur ce lien qui vous met sur le site d'un radical québécois.
http://quebec.jrgblog.com/2008/11/05/discours-de-barack-obama/

UN CHANGEMENT RADICAL










PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT !


Bien sur, Georges Bush a été le pire président en exercice depuis longtemps ...

Bien sur, John Mc Cain, aidé de la calamiteuse Sarah Palin, a fait une mauvaise campagne ...




Bien sur aussi Barack Obama a été le meilleur candidat que les Etats Unis ont eu depuis bien longtemps, beau, jeune, séduisant, compétent ... qui a fait une campagne audacieuse et extraordinaire (on peut bien le dire, maintenant qu'il a gagné)...

So professional !




Mais ce n'est pas le fait majeur. Le fait majeur, tout le monde le note c'est que pour la première fois dans l'Histoire, un homme noir va prendre la présidence d'un pays développé !




La politique prend des couleurs !


Bien sur, la question se pose de la politique que le nouveau président à la charge de mettre en place. ... Ce n'est pas une mince question. Quid face à la crise ? Quid face au système de protection des américains ? Quid l'Irak ? Quid l'Afghanistan ? Quid tout cela .... ? Autant de débats qui ne manqueront pas d'alimenter les cafés radicaux ...


Il n'empêche que la nuit dernière, au London Pub (un franc succès, une centaine de visiteurs, une soixantaine de débattants ...) les débats se sont focalisés sur la couleur de peau d'Obama, et que ce fait dépassait nettement le cadre de la société américaine. Didi Boketsu a rappelé que Georges Bush n'avait pas fait que du mauvais ... en nommant Colin Powell et Condoliza Rice à des postes clefs de son gouvernement... et ce indépendemment de ce qu'il leur a demandé de faire, de ce qu'ils ont fait, et de ce que l'Histoire et les élections d'hier ont sanctionné !


Nous avons vu ce midi les larmes de Jesse Jackson, pleurant comme un veau ... Non ce ne sont pas des larmes feintes qui coulaient sur le visage de celui qui fut l'un des premiers candidats à la candidature ... ce qu'on peut appeler une candidature de témoignage !


Et puis voilà ! Place au miracle ! Alors, demain, en France est-il envisageable d'avoir un président ou une présidente noire quelques années après la candidature de Christiane TAUBIRA...


Non, non, bien sur ! On est en France, ces choses là ne sont possibles qu'aux Etats Unis .... Sauf que, qui aurait cru cela possible Outre-Atlantique il y a seulement deux ans ? 40 ans après la ségrégation, 100 après l'esclavage ?


Pas même Barack Obama !!!






mardi 4 novembre 2008

democracy ...



Un hommage à la poésie, un hommae à Leonard Cohen, un hommage à la démocratie, un hommage aux Etats Unis, un hommage à Barcak Obama,


"Democracy"



It's coming through a hole in the air,
from those nights in Tiananmen Square.
It's coming from the feel
that this ain't exactly real,
or it's real, but it ain't exactly there.
From the wars against disorder,
from the sirens night and day,
from the fires of the homeless,
from the ashes of the gay:
Democracy is coming to the U.S.A.
It's coming through a crack in the wall;
on a visionary flood of alcohol;
from the staggering account
of the Sermon on the Mount
which I don't pretend to understand at all.
It's coming from the silence
on the dock of the bay,
from the brave, the bold, the battered
heart of Chevrolet:
Democracy is coming to the U.S.A.
It's coming from the sorrow in the street,
the holy places where the races meet;
from the homicidal bitchin'
that goes down in every kitchen
to determine who will serve and who will eat.
From the wells of disappointment
where the women kneel to pray
for the grace of God in the desert here
and the desert far away:
Democracy is coming to the U.S.A.
Sail on, sail on
O mighty Ship of State!
To the Shores of Need
Past the Reefs of Greed
Through the Squalls of Hate
Sail on, sail on, sail on, sail on.

It's coming to America first,
the cradle of the best and of the worst.
It's here they got the range
and the machinery for change
and it's here they got the spiritual thirst.


Bon, j'ai honte de vous livrer une traduction, parce que franchement, le texte mérite mieux que ça, mais je ne veux pas laisser les lecteurs non anglophones dans la misère ... Bon, alors, à ma grande honte, je livre ça en demandant pitié à tous les poètes et les anglophones...


ça vient par un trou dans les airs,
de ces nuits sur la Place Tiananmen.
ça vient de ce qu'on sent que ça ne peut pas exister,
ou que ça existe, mais ce n’est pas vraîment là;

ça vient des guerres contre le désordre,
et du hurlement de sirènes nuit et jour,
ça vient des feux des sans-abri, des cendres des gays :
la Démocratie arrive aux Etats Unis




ça passe par une lézarde murale ;
sur un flot d'alcool visionnaire;
l'ânonnement du Sermon de la montagne,
que je ne fais pas du tout semblant de comprendre.
Cela vient du silence
sur le dock de la baie,
du beau, de l'audacieux, du coeur
battant d'une Chevrolet :
la Démocratie arrive aux Etats Unis.



Cela vient de la tristesse des rues,
des lieux saints où l'on se mélange ;
cela vient des crimes sordides,
qui ont lieu dans les cuisines
pour savoir qui fait le service et qui sera mangé.
Cela vient du puits de la déconvenue
où les femmes prient à genoux,
De la grâce de Dieu, dans le désert d'ici
Et dans les déserts les plus lointains :

Navigue, navigue,
O puissant navire de l'État!
Des Rives du Besoin,
passés les récifs de l'Avarice
Traversant les Rafale de Haine
Navigue, navigue,navigue, navigue ...

Elle vient en Amérique d'abord,
Dans le berceau du meilleur et du pire.
C'est là qu'ils obtiennent leur rang,
et leur service après vente
Et c'est là qu'ils ont la soif de l'Esprit


En fait, si vous le permettez, je vous propose ce texte de Rimbaud, quasimment une transcription visionnaire :

Démocratie
"Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour.

"Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques.

"Aux pays poivrés et détrempés ! - au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires.

"Au revoir ici, n'importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce ; ignorants pour la science, roués pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C'est la vraie marche. En avant, route !"




En attendant, amis de la démocratie, amis de l'Amérique, amis de la Poésie et amis du café radical, rendez-vous cette nuit à Evreux au London Pub pour passer ensemble la Nuit électorale.

lundi 3 novembre 2008

Let's spend the night together !


Il n'y a pas que la crise dans la vie ...
Il y a aussi les conséquences de la crise.
Voilà ! Au moins, si Obama est élu, c'en serait une conséquance positive, même si cela ne résoud pas tout.

Le dernier café radical ne s'est pas déroulé comme prévu. Franck Martin a joué l'expert au pied levé en l'absence de l'économiste invité, Frédéric Bobay qui transmet ses excuses...
Nous reparlerons de cette soirée, mais l'éctualité nous assaille.
Demain, aux Etats Unis, c'est le grand jour. Pour nous, ce sera la grande nuit qui commence à 21 heures au London Pub à Evreux ou nous pourrons suivre en direct les résultats de l'élection.
Ca durera jusqu'à 3 heures du matin. Une soirée de télé, de débat, à assister au dépouillement. Toutes les questions concernant les Etats-Unis, la crise, les noirs, les blancs, le sort du monde et le mode d'élection si particulier seront les bienvenues.
YES, WE CAN