lundi 3 juillet 2017

Indispensables radicaux





Les radicaux, comme les socialistes, comme tous les partis politiques français ont traversé une déflagration sans précédent dans la vie politique française. Dans notre république, dans nos partis qui la fondent, plus rien ne sera comme avant. 
Bientôt, le comité directeur du parti radical de gauche aura à débattre de son présent, de son passé, de son avenir. 
Le café radical, qui a toujours prôné le débat comme essence même de l'identité radicale et républicaine, reproduit ici un texte qui lancera les débats. Il y est question bien entendu du rapprochement avec les radicaux valoisiens qui demandent à nous rejoindre, mais la question est bien entendu bien plus vaste. Il ne s'agit pas de reproduire à petite échelle les centre-gauche et centre-droit, ce que Macron a fait bien mieux que nous. Il s'agit bien plutôt de promouvoir ce dont la république aura toujours besoin et dont les radicaux sont porteurs : la créativité allié au réalisme politique, l'attachement farouche à la laïcité comme seul mode de résister aux conformismes conservateurs pour promouvoir la capacité de faire vivre ensemble tous les hommes, la promotion des valeurs républicaines indépassables de liberté, d'égalité et de fraternité, sur lesquels tous les nouveaux droits doivent s'asseoir, sur lesquels doivent se greffer les nécessités écologiques d'adaptation du monde à un environnement fini. Le radicalisme a un passé remarquable. Il a un avenir qui ne l'est pas moins. Ci-dessous le texte co-signé par des dirigeants radicaux. Le débat est lancé. 

Appel pour une formation progressiste au service de la République, du pacte social et de l’Europe fédérale.


De l’utilité politique du radicalisme au 21ème siècle


Ce texte posé comme une base de discussion, porte l'ambition de proposer une voie d'action nouvelle pour notre parti afin qu’il s’inscrive pleinement et rapidement  dans un  contexte politique singulier qui présente plus d'opportunités que d'obstacles au succès de ses  idées et au déploiement de son organisation.
Nous sommes les enfants de Georges Clemenceau, de Cécile Brunschvicg, de Léon Gambetta, d’Edouard Herriot, de Jean Zay ou de Michel Crépeau. Nous sommes les radicaux. Depuis 1972 nous sommes les radicaux de gauche.
La République, c'est les radicaux
D’illustres références en victoires politiques majeures, notre fierté s’appelle laïcité, impôt progressif, droit des femmes à disposer de leur corps et de leur maternité, droit de mourir dans la dignité, écologie responsable, progrès économique au service du progrès social.
Notre histoire est notre ferment, notre socle. Elle nous lie, nous oblige et  nous rassemble.
Pour autant, aussi forte et engageante soit-elle, cette histoire ne peut aliéner l’esprit créateur et audacieux des radicaux. La force de nos pères ne fût pas de s’ériger en  gardien d’un temple mais de le bâtir. Le radicalisme est avant tout un état d’esprit, une flamme républicaine et progressiste allumée dans les tourments d’un monde en mutation où les repères changent et parfois s’estompent voire disparaissent.
Nous sommes un parti politique, pas un musée, pas une faculté d’histoire ou de théologie. Ni combat des modernes face aux anciens, ni débat de puristes ne doivent se substituer à notre devoir d’agir dans une démocratie plus que jamais en quête d’un projet collectif garant  d’améliorations concrètes et porteur d’un espoir de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de progrès partagés.  
Tirer les leçons du passé est notre devoir pour projeter le radicalisme dans le 21ème siècle.
La séquence présidentielle et législative que nous venons de vivre,
Belle citation, qui situe bien que notre culture politique n'est
pas celle de Macron
aussi courte fut-elle, marque un bouleversement profond et probablement pérenne de la pratique politique et institutionnelle de notre pays. Notre parti n’en sort pas indemne.
Nous ne méconnaissons rien des débats et affrontements de ligne et de stratégie qui ont traversé le PRG comme l’ensemble de la classe politique française. Chacun défendra sa part de vérité. Notre famille s’est trouvée écartelée entre proximité idéologique avec le projet porté par Emmanuel MACRON, cohérence politique au regard de son engagement sous le mandat HOLLANDE, préférence pour une logique de coalition respectueuse des identités, refus d’une dissolution dans un ensemble nouveau. 
Les Hommes sont libres, pas les organisations collectives. Chez les radicaux plus qu’ailleurs cela fait sens. Chacun, individuellement, aura donc pu, sans crainte, défendre ses convictions, défendre ce qu’il croyait être l’intérêt du radicalisme. Cette séquence aura, nous le savons, été difficile pour tous et ne peut satisfaire personne. Toutes les blessures ne sont pas refermées et les incompréhensions encore nombreuses. 
   
Pourtant nous avons survécu et conservé, même affaiblies, une autonomie et une indépendance. Ce n’était pas écrit. Pour y parvenir, de nombreux radicaux, faisant fi de leurs désaccords passés, sont partis ensemble au combat législatif sous nos couleurs pour que le radicalisme soit encore en question aujourd’hui. Par l’implication majeure des jeunes radicaux de gauche, une nouvelle génération s’est imposée, nous offrant ainsi une sérénité pour l’avenir. 
Photo reprise par l'extrême droite ... eh oui ! Nos ennemis
dessinent notre visage.
Grâce à tous ceux qui ont eu le courage de privilégier la survie de notre parti, nous avons en effet réussi à dépasser l'obligation légale de présenter plus de 50 candidats réalisant plus de 1% des voix au premier tour des législatives et respectant la parité. Cette condition était le préalable absolu à toute autre considération si nous voulions que notre organisation ne disparaisse pas purement et simplement du paysage politique. Dans le contexte impossible de cette élection, cette détermination radicale était vitale et doit être chaleureusement et respectueusement saluée. Elle nous oblige.
Nous devons ensemble écrire une nouvelle page du radicalisme plutôt que son oraison. Il y a urgence.
L’immobilisme de la pensée et de l’action comme la paralysie des débats internes nous condamnent à la disparition.
Comme chacun, nous déplorons amèrement aujourd’hui l’absence d’un groupe radical indépendant à  l’Assemblée nationale. Ensemble nous en avions pourtant les moyens. Le nouveau monde politique n’a, de ce point de vue, rien à envier à l’ancien. Nous voulons croire que cette situation n’est que temporaire et que, demain, chacun saura trouver  la force et l’envie de se retrouver et les mots pour le faire. Notre parti pourra à nouveau être fier de voir sa singularité portée en tant que telle au sein la représentation nationale. Notre parti doit se renforcer de son unité. Nous sommes persuadés que les radicaux ont encore un long chemin commun à parcourir et qu'ils doivent être au cœur d'un groupe singulier à l'Assemblée nationale.
La situation politique nouvelle nous interdit de nous perdre en psychodrames internes au risque de valider nous-même notre inutilité politique.
Le radicalisme a survécu. Il doit désormais se réinventer loin de toutes les hégémonies et au regard des nouveaux clivages politiques. 
Nous ne renions rien de notre passé au sein de la gauche depuis François MITTERRAND. Nous ne renions rien des accords de majorité passés avec le Parti socialiste d’hier. Nous ne sommes pas parlementaires ou ministres. Nous avons comme chacun porté les accords et stratégies au nom de l’intérêt collectif, de la perpétuation de notre idéologie. Nous avons toujours été fiers du travail accompli par chacun de nos représentants.
Chacun aura néanmoins mesuré les travers, les erreurs parfois, de ces alliances et la situation de domination toujours, que nous avons collectivement acceptée.
Il nous faut aujourd’hui admettre que l’agitation et la défense des victoires d’hier ne sera jamais une réponse en soi aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Il nous faut agir, reconstruire.

Nous sommes des progressistes.   
Notre sens des responsabilités, de l’engagement et de la cohérence idéologique nous poussent aujourd’hui à accompagner le projet présidentiel, à lui apporter notre plus-value radicale. Refuser l’opposition de principe, participer à la conduite de la France au nom de nos valeurs est et a toujours été notre honneur.
Pour autant, reproduire avec La République en Marche les mêmes méthodes qu’avec le Parti Socialiste, serait commettre une erreur. Une association à la majorité présidentielle suppose d’asseoir et de justifier pour le PRG un statut de partenaire respecté et en situation d’apporter une plus-value singulière utile à la réussite de la France.  
A ce titre, nous considérons que la principale leçon à retenir de cette époque politique, est l’exigence d’indépendance que nous nous devons pour porter nous-même notre projet devant les Français à l’avenir.
C’est l’enjeu de notre utilité politique qui nous est posé aujourd’hui.
Porter la création d’un nouveau mouvement indépendant fondé sur la cohérence et nos valeurs est notre avenir.
Nous ne pensons pas que gauche et droite se valent pas plus que nous ne croyons à la disparition définitive des clivages. Nous constatons néanmoins sans regret qu’ils ont bougé, se sont étiolés parfois, se sont recomposés surtout face aux enjeux de la mondialisation, de la construction européenne et des nouveaux comportements humains. Nous l’avions souhaité.
L’enjeu n’est plus de s’inscrire dans une référence historique pour inventer l’avenir mais bien de créer une offre politique nouvelle fidèle à notre histoire, pour être utile  à notre pays.
De cet espace nouveau, nous permettrons une réorganisation politique capable d’offrir à la France une démocratie pluraliste et vivante qui n’enferme pas le débat entre un grand parti central et les extrêmes. Nous avons suffisamment lutté contre le bipartisme caricatural de la Vème République pour ne pas imaginer que l’ensemble du champ républicain soit accaparé par une seule formation politique.
L’enjeu aujourd’hui c’est la cohérence du projet que nous devons bâtir et de celles et ceux qui devront le conduire. Cette cohérence ce n’est pas celle d’un socialisme enfermé dans ses utopies et la contestation aujourd’hui. Le projet de  Benoit HAMON était respectable, il n’est pas pour autant le nôtre. S’ils ont des rêves, la tête dans les étoiles, les radicaux ont aussi les pieds sur terre. Nous ne pouvons enfermer le radicalisme dans un rôle de porte-voix d’un socialisme qui cherche encore et toujours à définir ce que sera la sienne.
Notre projet doit être rassembleur. Il doit s’adresser aux responsables politiques qui assument un rôle de gestion du pays, un sens de la réforme et partagent sincèrement un socle de valeurs audible et crédible pour les Français.
C’est le sens de l’accord que nous avons passé avec Génération écologie puis récemment l’avec l’Union des Démocrates et Ecologistes avec lesquels nous souhaitons réciproquement pouvoir approfondir les possibilités d’un rassemblement.
C’est aussi le sens  qui doit être donné à  la démarche de réunification avec les radicaux valoisiens. Ce projet n’est pas technique, pas plus qu’il n’est une fin en soi. Il ne s’agit pas là de confire le radicalisme dans un entre soi poussiéreux mais bien de jeter les bases d’une plateforme progressiste cohérente. Il devra se fonder sur des bases claires intégrant l’indépendance effective des radicaux valoisiens de toute autre formation politique. Sa traduction dans les collectivités territoriales ne pourra intervenir immédiatement afin de prendre le temps d’une véritable construction politique. Les discussions d’ores et déjà bien avancées au Sénat permettront sans nul doute d’être un premier jalon tangible de cette réunification.
C'est enfin ce que nous devrons offrir à tous les progressistes, aux "divers gauche" sans appartenance partisane, aux milliers d'élus locaux - ruraux notamment - qui cherchent une maison reconnaissante de leur engagement et de leur mérite. C’est ce que nous devons proposer aux (ex)socialistes qui demandent à exprimer leurs convictions dans un ensemble cohérent.
Si ce projet devra être débattu, faire l’objet de travaux de fond, d’échanges idéologiques avant d’être validé par l’ensemble des adhérents, il devra surtout être attaché à rassembler largement sur une base claire.
Rassembler sur un engagement républicain et laïque exigeant offrant à chaque citoyen une liberté absolue de conscience avérée et respectée plutôt qu’un modèle anglo-saxon multicultuel  propice à un apartheid culturel et social bien éloigné de notre tradition du vivre-ensemble.
Rassembler sur un attachement à la décentralisation, à la défense de l’égalité des territoires, à la ruralité qui ne peut se satisfaire de voir les collectivités territoriales revenues sous la coupe du ministre de l’Intérieur au détriment d’une politique de cohésion territoriale dont nous savons mieux que personne qu’elle sera menée avec force.
Rassembler sur le renforcement du pacte social, sur une liberté économique au service de la création de richesse, de la redistribution, d’une solidarité érigée comme corolaire des réussites individuelles.
Rassembler sur une écologie responsable, une redéfinition des circuits économiques et la création de nouveaux métiers au service d’une société de progrès.
Rassembler sur le renforcement des libertés individuelles gages d’une adhésion de chacun au destin collectif de la nation.
Rassembler sur une Europe fédérale, 1ère puissance mondiale, capable de protéger, de répondre aux enjeux climatiques, économiques ou sociaux, au devoir humanitaire que ne peut résumer à elle seule  une politique migratoire, au devoir de développement des pays en souffrance, à l’impératif de paix.
Ce socle cohérent, les radicaux le portent en eux. Leur réunification pourrait le renforcer et le mettre en lumière. Ce serait surtout la promesse que l’on peut rassembler les femmes et les hommes sur une idéologie humaniste, progressiste, solidaire, libérale et protectrice en laissant le soin aux historiens de déterminer demain si elle fut de la gauche ou de la droite en vigueur en 2017.
Ce nouveau mouvement devra enfin se choisir un nom en phase avec son temps. Si le radicalisme est notre fierté, sa modernisation est notre devoir.
****
Ce projet, nous l’avons mûri en maintenant le dialogue avec toutes les forces de progrès. Il  ne sera viable que s’il est enrichi, s’il permet de nous réunir à nouveau, s’il est porté demain par une grande majorité d’entre nous. Ce projet ne nous appartient pas et n’en faisons pas revendication. Il est le fruit des échanges que nous entretenons depuis des mois avec toutes les sensibilités du parti.
Ce projet est un appel résolu à l'action car le PRG peut et doit, sous la seule réserve qu'il se mette en mouvement, prendre une place importante dans la reconstruction d'un progressisme éclairé et responsable. Il pourrait trouver à se décliner lors des élections sénatoriales à venir.
Il ne s’agit pas là de faire une  synthèse, un aggiornamento ou une motion de la direction ou d’un camp. Il s’agit seulement d’une expression de notre attachement déterminé au devenir du radicalisme. Nous savons que cette volonté est partagée par tous.  Elle ne trouvera pas à se réaliser dans l’immobilisme ou l’aigreur mais dans l’élan que nous pourrons créer collectivement. Ce choix nous appartient.


Guillaume LACROIX, Bernard CASTAGNEDE, Patrick MOLINOZ, Mélanie FORTIER, Eddie AÏT, Jean-Bernard BROS, Frédérique PLAISANT, Paul DHAILLE, Frédéric NAUD... 
Pour ma part, je suis prêt à signer ...

mercredi 31 mai 2017

La politique en 2050 ... ce sera quoi ?

Pari fou de Rebecca Armstrong : envisager le monde en 2050. Tel est le sens de la démarche de son Atelier et de sa radio podcast : #2050 (prononcer hashtag 2050). 

J'ai répondu à la question : que sera la politique en 2050. Pas facile comme exercice ! Comme disait l'autre, rien n'est plus dur que la prévision, surtout quand elle concerne l'avenir. Serais-je encore de ce monde en 2050 pour vérifier la qualité de mes prédictions ? 
Et vous serez-vous là chers lecteurs ? Peu importe. D'autres seront là, et, ma foi, c'est aussi pour eux que nous faisons de la politique, que nous créons, que nous nous engageons. 
Il y est question de Louviers, du monde, du jardin de Bigards, et de tout ce qui nous concerne et de tout ce qui nous concernera.
En attendant, voici le lien ...si vous avez une demi-heure devant vous pour réfléchir avec moi.


Les commentaires sont les bienvenus. 





mercredi 3 mai 2017

Présidentielles, résultats sur la Case, enseignements et appel aux commentaires

La place de l'agglo dans le département dont elle
représente un peu plus de 10 % de la population
Un peu d'indulgence, cher lecteur, pour cette première analyse des résultats sur le territoire de l'agglomération. J'ai eu une semaine chargée, ce qui fait que je ne livre que tardivement le résultat d'une analyse succincte. Il n'empêche, je vous livre ci-dessous les résultats exhaustifs du premier tour sur le territoire de l'agglomération. C'est une donnée qui reste toujours utile, car après tout, on peut en penser ce qu'on c'est dans le suffrage que se livre le corps social. 
La Communauté d’agglomération est un territoire passionnant. Deux villes (j’ai bien dit ville et pas village, comme le fantasme le parisianiste Priollaud), deux bourgs de plus de 4.000 habitants, et des tas de communes à sociologies différentes en font un modèle parlant pour le décryptage d’un scrutin. A ce titre, avec le nombre de candidats d’un des élections les plus imprévisibles qui soient, je me permets de livrer une analyse succincte à chaud.

Participation
La participation est plus faible que nationalement sur l’agglomération Seine-Eure.
C'est à deux communes du plateau du Neubourg , Terre de Bord (commune constituée de la fusion de Tostes et de Montaure) et surtout Surtauville que reviennent la palme du civisme avec 86 et 90 % % de votants cependant que les deux grandes villes du territoire, Louviers et surtout Val de Reuil, ont respectivement mobilisé 69 et 63 % de leurs inscrits pour ce premier tour. C’est faible sur Louviers, plus faible encore sur Val de Reuil … quoi que, si l’on compare aux participations habituelles, Louviers s’est moins mobilisée que d’habitude à l’inverse de Val de  Reuil.

Reste à savoir si la mobilisation a joué un rôle sur le score des candidats sur le territoire, tenant compte du fait que, bien souvent, plus on habite un centre urbain, et moins l’on vote...  Ce n’est qu’un constat, même si cela ne relève pas de l’automatisme. D’autant que la participation au Vaudreuil infirme ce principe.

Le score des candidats
Le territoire n’a pas voté comme le pays. L’ordre d’arrivée est même nettement modifié.
Marine Le Pen arrive en tête avec 26,8 % des voix, sans aucun relai municipal. Elle devance Mélenchon, 21,9 %, Macron est 3e avec 20,42 %, Fillon, 4e avec 15,31 % cependant que Hamon devance Dupont-Aignan avec respectivement 6 ,28 et 5,35 %. Les autres candidats sont marginalisés, même si, parmi les candidats de la marge, on remarque pour l’anecdote que c’est Asselineau qui fait le meilleur score.
Il n’en reste pas moins que, comme partout ailleurs, les candidats issus des primaires, représentatifs des partis jusqu’ici structurants sont cruellement balayés.
La droite avec Fillon fait un peu plus de 15 % des voix, et fait l’un de ses pires scores à Louviers, alors que le maire et futur candidat aux législatives en avait fait la campagne. C’est grâce aux petites communes que la droite arrive à se maintenir hors de l’eau.
Hamon, candidat issu des primaires de la gauche fait son meilleur score à Val de Reuil, mais, surprise, dans ce fief de la gauche, c’est Mélenchon qui casse la baraque. Derrière Alizay (41 %), il y réalise son meilleur score avec plus de 30 % des voix.
Marine Le Pen, arrive en tête des suffrages du premier tour avec plus d’1/4 des votants (26,4 %). On peut se consoler en disant que c’est moins qu’à l’échelle du département, mais le score est impressionnant. Pour la première fois, l’extrême droite est en tête à Louviers.  Le Pen réalise son meilleur score dans des communes à sociologie opposée : Connelles et Le Manoir, où la frontiste dépasse 40 %. Exception faite de La Haye Le Comte et de Portejoie, elle fait partout plus de 20 % des voix. Un carnage pour la démocratie, qui réclame un traitement en profondeur. Nous en parlerons plus tard. Pour l’instant, on serre les fesses en attendant le deuxième tout.
Mélenchon, la gauche n’est pas morte
Mélenchon casse la baraque, sur le territoire comme dans le reste du pays. Le fait qu’il fasse son meilleur score à Val de Reuil n’est pas le fait du hasard. Qu’est ce qui a le plus séduit son électorat ? Son attachement à la Russie et à des grands et petits dictateurs ? Sans doute pas … La transformation du candidat de la posture du râleur au gentil séducteur à l’écoute de tous ? Sans doute. Il n’empêche il a su séduire et marquer un électorat à gauche, ce qui ne facilite pas l’avenir d’une gauche réaliste. Sur quelle base va-t-il être en mesure de le structurer, sur quelle base la gauche insoumise va-t-elle pouvoir se structurer lors même que deux candidats mélenchonistes vont se présenter aux législatives, le maire communiste d’Alizay et l’inénarrable Frau, qui ose se présenter pour le Front de Gauche après avoir été socialiste, communiste, radical, modem, et du Rassemblement pour la France, ancêtre du Debout la France de Dupont Aignan  ?

L’avenir nous le dira … et dans pas longtemps.
En attendant, chers lecteurs de la Case comme d’ailleurs, dimanche prochain, il y a bien une priorité : voter Macron contre l’extrême droite et la perspective d’une France raciste mettant en danger nos libertés et les valeurs de notre République.
Vive la République,
Vive la France !



C'est vrai, le tableau est un peu petit et il manque de couleurs, mais il a le mérite d'exister. Vous pouvez après tout
en faire un copié-collé et l'agrandir à votre guise. N'oubliez pas de critiquer ma vision des choses  et de me faire part de vos commentaires. Merci

dimanche 16 avril 2017

Revenu universel, une idée d'avenir

On peut se demander si le revenu universel a un avenir, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a un passé.
Angélique Chassy a rappelé toute la démarche qui a
Une assemblée passionnée autour
d'Angélique Chassy
amené à ce que le principe du revenu universel soit pour la première fois posé lors d'une élection présidentielle. Elle
 a utilisé tout le temps nécessaire et toutes ses qualités pédagogiques pour nous en exposer les bases sous les angles historiques, financiers, économiques, philosophiques et politiques. 
Thomas More reste connu pour avoir créé
le principe d'Utopie, titre d'une de ses
oeuvres. Humaniste, il n'en a pas moins été
canonisé. Il partageait avec Machiavel d'être
acteur et conseiller politique. Ses rapports
complexes avec le roi lui permirent d'être
décapité à la hache bien que condamné à
être éviscéré. Comme quoi le piston ne date
pas d'hier.


En effet, pour Angélique le revenu universel ne date pas d'hier. Elle en fait remonter le projet à Thomas More, le créateur de l'Utopie, humaniste, homme politique et homme de foi de la Renaissance, mais plus simplement elle rappelle que les indiens d'Amérique avaient posé le principe de répartition des terres en fonction des besoins de chacun en terme de survie. 
Plus près de nous, la création par Michel Rocard du RMI, devenu le RSA, de même que le principe de l'impôt négatif en Grande Bretagne ont relié au droit de l'homme la nécessité de doter chaque individu des moyens de subsistance. 
C'est pas le revenu universel, mais ça s'en rapproche. C'est pas le revenu universel, puisque dans le RMI, on l'a assez dit, il y a le I de l'insertion, et que le RSA, revenu de solidarité active s'appuie sur un système de droit et de devoir soit sur l'idée d'une contre partie en échange du revenu. 
L'impôt négatif ne s'éloigne pas tant que ça du principe du RSA. Il existe en Grande Bretagne depuis longtemps. Il permettait aux travailleurs gagnant en dessous d'un certain seuil d'avoir un complément payé par l'impôt, et à ceux en recherche d'emploi d'avoir le versement d'une aide correspondant au montant de leur loyer et de quelques livres permettant de tenir le choc.
Le système de l'impôt négatif a été notamment été défendu par Lionel Stoléru, qui a louvoyé dans les eaux du centre et a même été un temps radical de gauche. 
Bref, à la lumière de cet historique, Angélique a bien fait percevoir que le principe de revenu universel n'est pas si farfelu que la présentation qui a pu en être faite. Le système a déjà été expérimenté, même s'il ne l'a jamais été à l'échelle d'un État si petit soit-il. Parmi les expériences intéressantes, figure celle menée dans une vingtaine de communes du Madhya Pradesh en Inde. On constate que le principe de revenu universel ne concerne pas seulement les pays développés. Dans cet État du tiers monde, assurer les foyers les plus démunis d'un revenu de subsistance a permis d'améliorer la fréquentation scolaire, l'état de l'habitat... Eh oui, la certitude d'un revenu de subsistance permet un autre rapport à l'avenir. 
Reste, une fois développé l'intérêt du revenu universel, la conception de son application pratique. La Suisse en a rejeté le principe, et l'on peut constater que, que ce soit en Finlande, dans certains des États-Unis, le revenu universel n'a jamais été appliqué à l'échelle d'une Nation. Ceci démontre l'audace de la proposition de Benoît Hamon, on ne peut pas lui retirer ça ! On ne peut pas lui retirer non plus de se voir soutenu non seulement par Thomas Piketty, mais aussi par Daniel Cohen, économistes de renom. Reste que la mise en oeuvre pratique du revenu universel nécessite une réforme de fond de l'organisation de l'aide sociale ainsi que de la fiscalité. 
Voilà ce que j'aurai retenu de l'excellent exposé d'Angélique Chassy et que j'essaie de retransmettre sans avoir pris aucune note. Sans doute ai-je trahi sa pensée, mais je l'ai fait le moins possible. 
Reste le débat, raison fondamentale pour laquelle j'ai voulu que le café radical s'ouvre au revenu universel. Comme j'ai eu l'occasion de le rappeler à une amie facebook qui me demandait comment s'était passé le plaidoyer pour le revenu universel, quand je fais un plaidoyer, je fais une tribune, quand je fais un débat, je fais un débat. Je maintiens à la suite du débat précisément, que le revenu universel reviendra dans le débat politique,  quelque soit le score de Benoît Hamon. Il en est de même par exemple en Suisse, où les organisateurs du référendum lourdement perdu, étaient malgré tout contents du score (23,1%) parce qu'il pensait qu'il serait pire. Le fait de poser le débat est un premier pas.
Le débat s'est concentré sur les conséquences d'une
Diego Ortega regrette que le sujet, auquel
il était très hostile à l'origine n'ait pas été
suffisamment discuté pendant la campagne.
telle mesure, la façon dont les rapports entre salariat et activité en pourraient être repensés. Diego Ortega, lui, a regretté que la seule idée vraiment nouvelle  n'ait pu être discutée davantage pendant la campagne. La faute au candidat lui-même, qui ne l'avait peut-être pas assez finalisée ? La faute aux primaires qui n'a pas permis au vainqueur-surprise la finalisation d'un projet complexe ?  
Il n'empêche, le revenu universel continuera d'être promu et discuté. Ainsi, une application doit-elle être menée à l'échelon du département de la Gironde.
À suivre ... 









 .

samedi 8 avril 2017

Les Petits Loups ne doivent pas disparaître !


Le maire de Louviers joue au champion de la sécurité. Il a décidé de fermer les "Petits Loups", structure d'accueil destiné à la petite enfance  suite à la visite de la commission de sécurité. Il y a de quoi être plus qu'inquiet !

Les représentants de la municipalité Priollaud devant
l'équipement qu'ils ont décidé de fermer. Au delà du manque
d'entretien du patrimoine communal, ce qui est à craindre
c'est que la municipalité utilise tous les prétextes pour mettre
fin à une politique de qualité destinée à la petite enfance
aux liens avec les parents et à l'épanouissements des enfants
(photo Paris Normandie)

Les Petits Loups était l'élément d'un réseau destiné à l'accueil des petits, offrant  aux jeunes parents un choix ouvert. La municipalité Fromentin-Martin avait voulu, vers la fin des années 70, donner aux tout petits les moyens de l'épanouissement progressif en dehors du cadre familial. Cette volonté s'était construite parallèlement à la démarche des maisons vertes menées par Françoise Dolto et qui ont démontré tout leur intérêt. Elle avait été remise en question par la municipalité Proust ouvertement en guerre contre les structures de la petite enfance, mais le combat mené par les parents et les représentants du personnel avait évité le pire. La situation s'est par la suite stabilisée sous la municipalité de gauche de Franck Martin. 


La mesure de Priollaud fait craindre le pire, c’est à dire que la
Louviers a eu un rôle pionnier en ce qui concerne le lien
parents-enfants et l'accueil des tout-petits. L'exemple a été
suivi dans de nombreuses communes de France. Ici à Sciez.
Maintenant, Louviers ne songe qu'à fermer les équipements.

municipalité trouve cet équipement trop cher, à la lumière de tout ce qui réalisé à Louviers pour la petite enfance depuis des décennies. Déjà, Priollaud a supprimé la distribution d’un beau livre à tous les enfants de la maternelle. Là, on sent qu’il veut s’attaquer à ces structures qui mixaient accueil des parents et des petits enfants dans des structures qui ont été citées en exemple depuis leur création. On veut limiter le choix des parents tout en laissant s’appauvrir la qualité de l’accueil des tout-petits.
Que la municipalité ait au moins le courage de son attitude et qu’elle ne se serve pas du prétexte du passage de la commission de sécurité qui est toujours dans son rôle en recommandant des mesures de sécurisation mais dont le but n’est pas la fermeture des services publics. On entre là, dans la triste politique patrimoniale de la municipalité. Fermer un maximum d’équipements pour les céder au privé, et renoncer au service public de qualité.

vendredi 7 avril 2017

Revenu universel, le café radical invite au débat

Curieuse campagne électorale ... qu'en retiendrons-nous ? Qu'en restera-t-il au delà du fait que les Français auront un nouveau Président dans moins d'un mois ? 
Rien n'aura marché comme prévu, à droite comme à gauche. Les champions se sont éclipsés, de Hollande à Valls, de Juppé à Sarkozy, et notre cadre politique apparaît comme un champ de ruine. Nos craintes même semblent dissipées, même s'il faut encore attendre quelques jours pour savoir ce qu'il en adviendra exactement. 
Nous avons tant été gavés de surprises, de bonnes et de mauvaises que tout reste possible.
Angélique Chassy, économiste engagée,
animera le café radical sur le revenu universel
Reste qu'au delà de la remise en cause inédite du corps politique français, des figures de référence, des principes institutionnels, de tous ce que nos commentateurs ont pu imaginer, il restera que, pour la première fois dans une grande nation, on aura mis au cœur du programme d'un grand candidat LE REVENU UNIVERSEL.
Il s'agit bien d'une idée neuve en Europe, puisque pour la première fois proposée à l'échelon national. Rien à voir avec les initiatives prises ici ou . A coup sûr, le fait de la proposer dans un programme présidentiel lui donne une nouvelle dimension.
Quel sera l'avenir de l'idée de Revenu universel ? Quel est son passé ? D'où cela vient-il ? Le revenu universel est-il une réponse à la raréfaction de l'emploi ? Est-il une réponse à la robotisation et à l'augmentation exponentielle des forces productives ? 
Pour y répondre, le café radical organise un débat, à quelques jours du second tour : "le revenu universel a-t-il un avenir ?"
Quoi que l'on pense de la candidature de Benoît HAMON,
au moins aura-t-il eu le mérite de l'innovation politique.
La question du revenu universel mérite un large débat. 
Pour y répondre, Angélique Chassy, docteur en économie, première adjointe au maire de Pont de l'Arche, et militante aux cotés de Benoît Hamon, sera chargée d'animer le café radical qui se tiendra vendredi 14 avril, au Big Arts, à 18h30. 
Venez nombreux chercher la réponse à toutes vos questions. Entrée libre. Une seule condition à la participation au débat : payer sa consommation par égard pour le café hôte du débat.
Café radical 
Le revenu universel a-t-il un avenir ? 
vendredi 14 avril à 18h30 
au Big Arts
39 rue du Quai à Louviers


vendredi 10 mars 2017

Changement de programme ?

Que reste-t-il des primaires ? Les deux vainqueurs délaissent
la part la plus emblématique de leurs programmes respectifs.
Ce n'est pas le cas du café radical qui maintient
sa programmation.
Après François Fillon, Benoît Hamon n'est jamais que le deuxième candidat qui change de programme en cours de route, et ce, à quelques semaines de l'échéance : François Fillon délaisse l'idée de privatisation de la sécurité sociale, et c'est tant mieux. Benoît Hamon abandonne le projet de mise en place d'un revenu universel, et c'est tant pis.
Pourquoi c'est tant pis ? 
Ben, tout simplement, parce que c'était la seule partie vraiment innovante de son programme politique. À mon avis, c'est d'ailleurs le point qui lui a permis de gagner la primaire.
Il ne s'agissait pas pour moi d'être d'accord ou pas d'accord avec le principe de revenu universel, mais au moins, Benoît Hamon posait-il un vrai problème et une question intéressante quant au rapport entre l'homme et le travail et à l'organisation de toute notre vie. 
Benoit Hamon caricaturé au lendemain du premier tour de
la primaire. On a beaucoup plus parlé jusqu'à présent des
incroyables histoires autour des candidatures, mais le
changement de programme des candidats en cours de route
est un phénomène au moins aussi important.
Entre parenthèse, c'était bien la peine de se moquer de l'absence de programme de Macron, pour en changer sur un point aussi fondamental quelques jours plus tard.
Pour ma part, j'ai toujours considéré que le principe de revenu universel méritait le détour, qu'il devait être analysé, réfléchi, mûri et qu'en deux mots, il ne pouvait pas, en l'état actuel, faire partie d'un programme électoral pour 2017. 
C'est pour cette raison que j'avais décidé d'organiser un café radical sur ce sujet et que dès que j'ai vu qu'Angélique Chassy, économiste socialiste, avait travaillé sur le sujet, je l'ai immédiatement invité à animer une rencontre sur le sujet.
Qu'on se rassure ! Les candidats changent de programme, pas le café radical !
Plus que jamais, l'actualité donne du sens au sujet proposé. Le café radical prend le pari qu'il n'a pas fini d'alimenter le débat politique. 
En attendant, réservez votre soirée du 14 avril : 

LE REVENU UNIVERSEL A-T-IL UN AVENIR ? 



Débat animé par Angélique Chassy, docteur en économie,
première adjointe au maire de Pont de l'Arche







café radical 

lieu de rencontre et de débats 
ouvert à tous

vendredi 14 avril 2014 à 18h30
au Big Arts, 

39 rue du quai à Louviers