jeudi 24 mai 2018

La vieillesse en débat au café radical !

Annie DE VIVIE a écrit  j'aide mon parent à vieillir debout.
Elle est l'invitée du café radical et répondra à la question
"Le vieillissement de notre société est-il une chance ?"

On n'échappe pas au vieillissement !
Non seulement parce que vivre, c'est vieillir, et qu'il faut bien le reconnaître, vieillir, c'est vivre. Il n'y a que la mort pour échapper à la vieillesse.
Ainsi, nos sociétés modernes nous permettent de vivre de plus en plus vieux et ont-elles ainsi répondu à cette aspiration essentielle des êtres humains : vivre. 
Voilà pour l'aspect positif. 
Pour le reste, nous sommes envahis par les nombreux problèmes qui touchent à la vieillesse et que nous découvrons. 
Individuellement d'abord. 
Alors que l'image du vieillard était vénéré, comme un bien rare, de plus en plus nombreux sont les centenaires et les vieillards font de plus en plus partie de la vie des familles. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, 5 générations sont appelées à se côtoyer. C'est un fait de plus en plus prégnant. On est ainsi passé en France de 8,3 millions  à 11 millions d'aidants de 2008 à 2015. Certes, les aidants, qui sont majoritairement des aidantes, n'aident pas seulement des personnes âgées mais aussi des handicapés ou des personnes en difficulté mais on sait que cette augmentation est essentiellement due au vieillissement de nos sociétés. En fait, s'il n'est pas le seul problème celui des aidants est essentiel, par ce que tous les aidants sont appelés à devenir aidés au fil du temps.
L'ouvrage de Christophe Capuano
 au titre provoquant retrace l'Histoire
de la prise en charge du vieillissement.
Vous pouvez réécouter l'émission que 
 France inter lui a consacré en cliquant 
Mais ce n'est pas tout. Le vieillissement touche à tout notre édifice social, démographique, bien entendu, politique et économique. Au sein de nos sociétés modernes, tout un chacun est appelé à vivre autrement, et la société elle-même est appelée à se transformer ... puisqu'après tout il n'est de société qu'humaine. 
Ainsi, les essais, les dossiers, les rapports s'accumulent parallèlement aux cris d'alertes qui émaillent l'actualité. Depuis la mort de 20.000 anciens en France lors de la canicule de 2003 (70.000 en Europe), les alertes se multiplient tant par le manque de moyen évoqué par les Ehpad, des phénomènes de maltraitance provoquant avec justesse l'indignation, de la réflexion aussi posée avec courage par l'association du droit de mourir dans la dignité, tout pousse à repenser la façon dont nous devons évoluer dans nos relations entre générations. 

Mais noircir la situation n'est pas source de solution. Le café radical a invité l'experte Annie de Vivie, pdg et éditorialiste du site agevillage, meilleur site de France consacré aux problèmes du vieilissement. Comme toutes les grandes humanistes, elle est capable de poser brutalement les questions, comme lors de son dernier éditorial : comment vivre en n'étant qu'une charge ... Mais la qualité essentielle de la réflexion d'Annie de Vivie est qu'elle s'appuie sur l'expérience pratique, puisque fille d'aide soignante, elle a passé toute son existence en se confrontant aux problématiques de l'âge ... et, comme on disait dans Charlie Hebdo : ce n'est pas triste, et c'est même passionnant. Tout simplement sans doute, parce que parler du vieillissement c'est parler de la vie, et parler de la vie, c'est parler de soi.
L'ouvrage de référence qu'Annie de Vivie
dédicacera à la fin du café radical.
Des conseils pratiques, mais au delà une
réflexion profonde sur l'évolution de nos  
sociétés et de notre rapport aux anciens
Je n'en dirais pas plus. 
Je vous invite à présent à réserver votre soirée du 1er juin pour débattre avec Annie de Vivie, sur ce sujet qui, par nature, nous concerne tous. 
Le vieillissement de nos sociétés est-il une chance 
Café radical animé par Annie de Vivie
Vendredi 1er juin 2018
à 18 h 30 O bouche à oreilles (ex Rocambole pour les vieux lovériens), 4 boulevard Joffre, 27400 Louviers.

mercredi 16 mai 2018

La droite dans l'impasse de la récupération

Irrécupérable Ernest Martin,
rebelle constructif, 
passionné de la vie,
passionné de sa ville. 
La droite de Priollaud-Terlez peut toujours essayer de compenser son manque d'imagination en tentant de récupérer quelque chose des années prodigieuses de la gauche lovérienne. C'est peine perdue ! Dans les pratiques, dans l'histoire, dans l'attitude, dans les valeurs, tout oppose le comité d'action de gauche personnalisé par le Docteur Marin aux élus à la triste figure qui représentent la municipalité de Louviers.
Certes, inviter Hélène Hatzfeld à présenter son livre La politique à la ville n'est pas en soi condamnable, au même titre que la décision de Jean-Charles Houel[1] de faire donation à la ville de Louviers de ses riches archives de témoin de l'histoire locale. Mais quel besoin de se lancer dans une vaine et grossière tentative de récupération dans laquelle le maire de Louviers a emmené toute son équipe ?
Dérisoire Priollaud qui s'imagine pouvoir récupérer
quelque chose de l'oeuvre d'Ernest Martin. 
La municipalité actuelle est l'exact contraire de ce qu'a été la gauche lovérienne. Elle est la droite conservatrice des petits calculs, sans imagination et prétentieuse. Elle est l'héritière de ceux qui se sont violemment opposés à Ernest Martin et à ceux qui l'ont accompagné.
Grâce à eux, Louviers a été au centre de toutes les attentions d'une gauche nationale en recherche d'innovation. Le Cag pour se faire s'est aussi construit contre cette droite fermée que Priollaud-Terlez représentent.
Que ceux-ci, maintenant, tentent sans vergogne de se présenter comme attentif à cette période qu'ils ne se donnent même pas les moyens de comprendre a de quoi scandaliser. 
Christian Lafenêtre, qui fut un militant et un élu particulièrement actif a contré violemment Priollaud. Le maire de Louviers avait pompeusement introduit la cérémonie en parlant des lovériens comme des administrés. 
Bravo Christian d'avoir rappelé que pour le Cag il n'y avait que des citoyens, dont il fallait développer l'autonomie, le contraire d'administrés à la sauce Priollaud.
Après tout, l'incongruité de la cérémonie se révélait aussi dans la mobilisation de la droite chargée de rendre hommage au Cag. A part Hafidha Ouadah, il ne manquait pas grand monde de ce côté là, ce qui ne faisait qu'en rajouter au ridicule.
Anne Terlez, forcément s'est aussi cru obligée de mettre son grain de sel. Au bout d'une tirade assez longue elle se demandait ce que sa droite bien-pensant pouvait tirer de la formidable expérience de la gauche en terme de démocratie participative. 
La réponse est simple : RIEN ! 
Ce que la gauche lovérienne a légué à la ville c'est d'abord une mobilisation inouïe, une mobilisation historique dans un moment de débat, de passion de la vérité dans une époque passionnée avec tous les excès inhérents à la passion. 
Il y avait tout dans le comité d'action de gauche qui recueillait tout ce qui se pensait, vrai ou faux, juste ou injuste dans une période où toutes les idées se confrontées ... mais ce qu'il y avait d'original à Louviers, c'était leur mise en pratique.
Au delà de la figure de l'homme, j'ai évoqué à la suite de son décès, tout ce qu'Ernest Martin a légué à la ville. Il était le lien entre la sensibilité aux idées et la mise en pratique de celles-ci. 
La période dans laquelle le cag se construira dans l'opposition de 1969 à 1976, se situe non seulement dans le sillage de mai 68 mais aussi dans la période de libéralisation de la société française. En 1975, la loi sur l'avortement est adoptée à la suite d'un long combat féministe mené notamment par la gauche et que la droite giscardienne fera voter. 

Cela se traduit à Louviers par la création d'un centre d'orthogénie, où, derrière la pratique de l'avortement, Ernest Martin développera une démarche novatrice d'accueil et de pédagogie destinée tant aux femmes en difficulté qu'aux personnes chargées de les soutenir et de les accompagner. La pratique n'est pas unique, mais elle est rare. Elle amène une réflexion collective visant à l'épanouissement de l'individu alors qu'on sort à peine d'une période où la sexualité a été un tabou majeur dans la société. 
Bien sûr, Ernest Martin, en tant que médecin, sera l'homme des accouchements, et de l'accouchement sans violence. C'est un autre aspect de la personnalité du Docteur Martin et je ne puis m'empêcher de penser que pour démocratique que soit sa démarche, pointe toujours l'expert derrière l'individu... d'où sans doute une certaine défiance exprimée vis à vis de l'expression populaire qui ne saurait être une fin en soi surtout si elle s'oppose au projet du politique.
Ah ! Le politique, le noble politique qu'Ernest Martin opposait sans cesse à La politique, la vulgaire politique.
Or c'est bien la politique dans ce qu'elle a de plus vulgaire qui s'est chargé de cette tentative de récupération heureusement vouée à l'échec. 
Non, cet amour de la liberté, la politique comme passion collective, la confiance absolue en l'humain, l'espérance du lendemain comme fête, la référence à tout ce qui dans l'Histoire a construit l'émancipation des individus et des corps, toute cette modernité ne peut avoir aucune résonance chez les représentants lovériens de l'Udi, du modem et des Républicains. Ils n'ont rien à récupérer dans l'histoire prestigieuse de la gauche à Louviers. 





[1] Jean-Charles Houel est un témoin majeur de la période qui a porté la gauche lovérienne des années 65 à 1983, sujet du livre d’Hélène Hatzfeld. Il a été rédacteur municipal pendant la municipalité Martin avant de devenir journaliste à La Dépêche de Louviers qui a accompagné l’aventure si particulière de la gauche lovérienne. Jean-Charles Houel a éprouvé le besoin de se doter du titre de Rédacteur en chef qu’il n’a jamais eu, mais cela ne retire rien à l’intérêt et à la qualité des archives militantes et professionnelles qu’il a laissé à la ville de Louviers et qui sont d’un intérêt majeur pour l’histoire de la ville.    

dimanche 6 mai 2018

LOUVIERS, BEAUCOUP MIEUX QU'UN ESPOIR DÉÇU ...

critique du livre d'Hélène Hatzfeld 

LA POLITIQUE À LA VILLE 

Hélène Hatzfeld (photo Paris Normandie) sera présente
à 20h30 lundi 14 mai au Moulin à Louviers pour parler
de son livre et de notre histoire.
Il faut lire le livre d'Hélène Hatzfeld. Même si, par principe, je réfute ce type de formule, je le redis : il faut lire le livre d'Hélène Hatzfeld. Il faut le lire parce que les livres sur Louviers ne sont pas si courants, et ceux sur l'histoire si particulière de la gauche lovérienne le sont encore moins. 
L'ouvrage a ses limites, et ne le cache pas. Hélène Hatzfeld est nostalgique, elle met du sentiment dans l'Histoire, ce qui l'anime en détermine aussi les limites. Ainsi, lorsqu'elle arrive à Louviers près de 30 ans après la fin de ce qu'elle pense être l'expérience autogestionnaire elle se trouve face au vide. Il n'y a dans la ville ni trace évidente, ni enthousiasme sur cette période. 
Elle voulait parler autogestion, échanger avec des nostalgiques et, finalement, elle rencontre essentiellement les cicatrices enfouies sous le manteau de la maturité politique. 
L'autogestion n'a eu qu'un rôle mineur à Louviers. Elle a servi de référence idéologique à un mouvement qui avait peu de choses à voir avec elle. L'autogestion est un terme flou, il l'était déjà à l'époque. Il a cependant eu son utilité en permettant de réfléchir à gauche à la création d'un monde alternatif, respectueux de l'individu, du rapport de l'homme à sa production, et permettant d'agir concrètement. Le choix des ouvriers de Lip, décidant de produire eux-mêmes les montres alors que l'entreprise était en train de fermer ouvrait de nouvelles perspectives politiques et sociales. La Cfdt suivait nationalement l'initiative locale, le Parti socialiste unifié, dirigé alors par Michel Rocard s'engouffrait dans la brèche et jusqu'au parti socialiste en phase de construction d'un programme commun de la gauche trouvait l'idée intéressante.
Voilà pour le contexte général dans la société française... mais il reste à expliquer le succès idéologique de l'autogestion à Louviers. 

Il n'y a qu'à Louviers !

Hélène Hatzfeld dit très bien ce que le phénomène a d'exceptionnel à Louviers. Les seules communes de France à se revendiquer autogestionnaires ou sur une base alternative au programme commun de la gauche, font moins de 5.000 habitants et ne peuvent servir d'exemple. Qui plus est Louviers a toujours cette particularité géographique indissociable de son histoire de se situer à 100 kilomètres de la capitale. La ville a tout ce qu'il faut de proximité et d'exotisme politique pour intéresser une intelligentsia parisienne, intérêt matérialisé par les journalistes du Nouvel Observateur, porteurs de ce qu'on appelle alors la deuxième gauche. 
C'est vrai que cette deuxième gauche qui englobe au lendemain de mai 68 les aspirations nouvelles de la société. Pour faire vite, le besoin de reconnaissance de l'individu se construit parallèlement à une action politique collective. Cela passe par le droit à la parole, la prise en compte du désir, le respect du plaisir, tout ce que la fameuse société de consommation va d'ailleurs reprendre à son compte au fil des ans. En attendant, la deuxième gauche sent bien que les partis traditionnels, y compris à gauche ont une structure trop rigides pour répondre à cette attente. En fait, la Cfdt (qui vient juste de naître des flancs de l'ancienne Cftc) et le Psu sont les outils nationaux qui reflètent ces aspirations). 
Tout ceci explique d'ailleurs qu'aux yeux des observateurs extérieurs que le psu soit la référence politique de l'équipe qui s'apprête à reprendre le pouvoir à Louviers. C'est faux.
Ça, Hélène Hatzfeld l'a bien perçu. Elle voit bien qu'au sein de l'équipe, le psu en tant que tel n'a que peu d'influence. Le parti n'a que trois représentants au sein du Comité d'action de gauche, mais ceux-ci ne sont jamais écoutés en tant que tels. Ils accompagnent l'expérience, mais ils ne sont pas une force d'influence et n'interviennent pas comme groupe constitué au sein des débats. On touche là au fond à ce qui rend la ville si difficile à comprendre pour l'extérieur. À Louviers on est dans un autre monde. Hélène Hatzfeld fait d'ailleurs cette erreur en tentant une comptabilité des influences qui ont fondé la mouvance lovérienne. C'est peine perdue. Louviers a subi des influences, peut-être et sans doute plus que d'autres groupes humains, mais tout ce qui a tenté de s'organiser pour prendre le dessus s'est trouvé écarté soi par les faits, soi par les acteurs du mouvement.    

Ernest, le génie ou le génie d'Ernest

Au fond, par quelque bout qu'on prenne l'histoire de Louviers, et surtout dans la période traitée, on retombe toujours sur Ernest Martin. Cela peut sembler étrange vu de l'extérieur puisqu'Ernest a laissé sa place de maire à Henri Fromentin, héros de la Résistance et chef d'entreprise. Hélène Hatzfeld ne s'est pas penchée sur ce sujet. Pour ma part, je considère que c'est un grand manque à tout point de vue.
Mai 68 est une remise en cause profonde du rapport au pouvoir. Il y a des héros, des vedettes charismatiques, mais aucun ne prend le pouvoir, puisque mai 68 ne se traduit pas par une prise de pouvoir.
Or, si en mai 68 le docteur Martin a le pouvoir en tant que maire de Louviers, il le perd quelques mois plus tard, à la suite de la décision du parti communiste de l'éliminer. C'est de là que naît le Comité d'action de gauche, un rassemblement chargé à l'origine de permettre une reprise du pouvoir et de poursuivre l'œuvre déjà immense de la municipalité Martin.
Tant pis si le pouvoir passe à la droite. Il n'empêche, en faisant cela la gauche lovérienne est contrainte d'exister en dehors de la gauche nationale. Il est ainsi logique que le parti socialiste naissant qui privilégie l'alliance nationale avec les communistes ne soit pas une option politique locale. 
Il restera donc au cag à forger un projet politique qui lui permettra de reprendre la mairie, ainsi Louviers deviendra-t-il le réceptacle des courants novateurs  d'une société française en effervescence à la suite de mai 68. Ainsi s'explique à mon sens la nette victoire de 1977, qui permettra à Louviers de devenir pour beaucoup la première commune autogestionnaire de France avec 27 élus sur 27, reléguant la liste d'union de la gauche en spectateur de l'histoire locale au même titre d'ailleurs que la droite.
Mais tout ceci ne règle ni n'explique la situation d'Ernest Martin, élu premier adjoint de la liste du comité d'action de gauche. 
Comme on l'a dit, et notamment Hélène Hatzfeld, Ernest Martin, le thaumaturge, celui sans qui rien n'aurait existé à Louviers, n'est pas autogestionnaire. Il se revendique anarchiste. Il le revendique encore davantage au sein d'une municipalité où les reproches sont de plus en plus nombreux à son égard. 
Et que lui reproche-t-on à Ernest ? Qu'est ce qui fait qu'on va gentiment lui demander de ne se présenter qu'en deuxième de liste derrière la figure plus raisonnable d'Henri Fromentin ? Au départ sans doute l'idée électoraliste que derrière la figure sulfureuse du docteur qui défend le droit des femmes et notamment le droit à l'avortement alors sévèrement réprimé en France, on a peur de la réaction négative de l'électorat. Reste que derrière cette attitude frileuse se cache bien entendu la peur de la personnalité d'Ernest, de ses audaces et de ses coups de gueule ... et la mise sous éteignoir du projet ernestien. 
Bien sûr, cela n'a pas empêché la naissance et la reprise des aspects les plus originaux de la municipalité. Il y a eu la gratuité des services publics, la création du service famille (évoqué dans le livre mais qui vaut beaucoup plus qu'une simple mention y compris dans ce blog), la naissance des terrains d'aventure pour la jeunesse lovérienne, l'ouverture des cinémas au moment où tous fermaient en France et dans le reste de l'Europe ... mais, en fait, ce qui touchait au projet autogestionnaire s'est écroulé de lui-même. Il y a un exemple qui n'est pas repris dans le livre et qui me semble tout à fait emblématique des difficultés municipales. 
Autour d'un projet scolaire, de nombreux membres de l'équipe municipale vont dans un louable souci de communication discuter avec les parents de leurs attentes pour l'école. Il en ressort naturellement que les parents souhaitent en tout premier lieu que leurs petits soient protégés et qu'à cet effet des murs ou des murets soient prévus. 
Retour du compte rendu de la réunion en municipalité et colère d'Ernest qui s'insurge contre les décisions réactionnaires des parents. Il faut veiller d'abord à l'épanouissement des petits avant leur sécurité. Crise !
En fait, Ernest, même si cela est dit et redit dans le livre, Ernest donc agit comme un médecin accoucheur. Dans un accouchement, il n'y a pas de place pour la démocratie participative. Il y a un médecin qui a le pouvoir, et qui, s'il s'en sert bien parera à tous les dangers, amènera la vie dans le respect de l'enfant, de la femme et de l'acte. Le fait d'avoir voulu reléguer Ernest dans un rôle second allait bien au delà de la castration d'un personnage privé de pouvoir, il a sans doute atténué l'originalité de l'expérience lovérienne en empêchant qu'elle aille au bout de sa logique et nui à la qualité de l'analyse qu'on peut en avoir à présent. Pour ma part, je reste persuadé que si Ernest avait été en situation de responsabilité, l'expérience aurait été jusqu'au bout et aurait pu être renouvelée sur un autre mandat. Bien sûr cette uchronie ne mange pas de pain mais elle a pourtant un sens qui peut amener à réfléchir sur la réalité du pouvoir, y compris lorsqu'on dénie à celui-ci une existence.
Ainsi Ernest a-t-il souffert de cette absence de pouvoir, pour partie inassumée et derrière elle tout une mouvance et tout un groupe. L'absence de pouvoir est comme la lettre volée d'Egar Poe, cet objet que tout le monde recherche et que personne ne voit parce qu'elle est sous les yeux de tout le monde mais que chacun a un intérêt à ne pas la voir. Il n'empêche, aucune critique, aucune analyse ne pourra retirer le bilan extraordinaire des municipalités auxquelles le Docteur Martin a participé. 
Louviers, et sa formule beaucoup plus
prémonitoire qu'il n'y parait même si
le Docteur Martin lui préférait la formule
"information, participation, contrôle"

Loin des écoles, loin des partis, loin de tout, Ernest par son seul génie fait de Louviers une avant-garde de tout ce qui se fera plus tard : le pouvoir communal, la prise en compte des individus, l'exigence vis à vis des pouvoirs publics, la décentralisation même. Parce que c'est ce qu'il faut quand même dire : si l'idée même d'autogestion s'est figée au point de disparaître, les institutions rejetées sans doute ont su évoluer, le personnel municipal aussi, le pouvoir des élus et le recul de l'Etat. 







[1] « Qu’est ce qui s’est passé à Louviers ? Un tremblement de terre ? » citation attribuée à Georges Marchais, alors secrétaire général du parti communiste français... source : Pierre Semelagne, ex-militant communiste lovérien





mardi 10 avril 2018

À Louviers, des impôts en hausse, des tarifs en hausse et une taxe supplémentaire !

Analyse du budget par Diego Ortega, 

porte-parole des Radicaux de gauche



Lundi soir, M. Priollaud a proposé au conseil municipal de Louviers de fixer les taux de fiscalité directe locale pour l’exercice 2018, autrement dit de fixer les taux d’imposition des taxes d’habitation et foncière pour le contribuable lovérien.
Le conseil a voté à la majorité pour l’exercice 2018 une baisse des taux de 0,5 %.
Mes amis de l’opposition et moi-même ne saurions nous opposer à une baisse des impôts pour le contribuable lovérien.
Mais, M. Priollaud a proposé une baisse des taux, pas une baisse des impôts !
Ainsi, si nous analysons bien le document soumis au conseil :
En appliquant en 2018 le même taux qu’en 2017, nous aurions une variation positive du produit fiscal de 573 060 €, soit une augmentation de 1,44 % pour les lovériens grâce à la revalorisation des bases fiscales.

Appliquer une baisse des taux de 0,5 % alors que les bases subissent une hausse, ce n’est pas une baisse d’impôts.
Avec ce taux, les lovériens vont payer 95 889 € en plus sur l’exercice 2018 par rapport à 2017.
Cette démarche donne la possibilité au Maire et à son équipe de faire un plan de communication à bon compte.
En annonçant, à grand renfort de communication, une baisse des taux d’imposition, qui ira vérifier que cette baisse de taux ridicule va se concrétiser en fait par une hausse des impôts ?
Autrement dit, le lovérien qui se contente d’écouter les discours d’autosatisfaction de la municipalité (aux vœux notamment) et qui ne vérifie pas les bases qui lui sont affectées par les services fiscaux, pense légitimement que M. Priollaud et Mme Terlez vont baisser les impôts à Louviers, alors qu’il s’agit d’une augmentation de près de 100 000 € !
Pour justifier cette décision, ils exposent un contexte de baisse des ressources par une baisse des dotations de l’Etat…
 C’est faux ! Le gouvernement s’est engagé à un gel desdites dotations …
Le projet de loi de finances 2018 présente même une légère hausse globale. Ainsi, par exemple, la dotation de soutien à l’investissement des communes et de leurs groupements, passe en 2017 de 570 millions à 685 millions d’€ !
Par ailleurs, l’Etat qui, il est vrai, s’inscrit dans une stratégie globale d’économies, se concentre sur ses fonctions dites régaliennes et limite au maximum l’augmentation des dotations aux collectivités territoriales. En revanche, il ouvre, nombre d’appels à projet.
Ce que l’Etat ne versera plus sous forme de dotations, il le fera notamment pour les communes et regroupement (exemple l’Agglo) qui répondront à ces appels à projet. C’est exactement le cas concernant, à titre d’exemple l’opération « Cœur de Ville » piloté par le ministère de la cohésion des territoires.



En conclusion sur ce vote :
M. Priollaud et Mme Terlez annoncent une baisse des taux qui se traduit par une augmentation des impôts le tout dans un contexte soi-disant de baisse de vos ressources liées à la baisse des dotations, ce qui est faux et qui surtout ne prend pas en compte les financements possibles liés aux appels à projet.  
Par ailleurs, il faut mettre cette augmentation des impôts en perspective avec la politique tarifaire de la municipalité. Pour être juste et transparent, il faudrait ajouter à l’évolution des impôts, une présentation globale de l’évolution des tarifs appliqués en 2014 et ceux aujourd’hui !
A noter, que l’évolution de ces tarifs ne s’accompagne pas d’une modification correspondante des tranches du quotient familial ! En d’autres termes, certaines familles vont subir une augmentation des tarifs et potentiellement d’un changement de tranche. C’est la double peine ! 
Par ailleurs, à propos de tarifs et de taxes, la municipalité a soigneusement évité de rappeler la création de la taxe d’inhumation présentée et soutenue par Mme Terlez lors du conseil municipal de décembre dernier.
Avec l’ensemble de ces décisions du duo Priollaud-Terlez, un lovérien va non seulement payer plus d’impôts, mais vont lui être appliqué des tarifs revus à la hausse et taxes supplémentaires en particulier s’il perd un proche ! 
Mais … la communication officielle de la municipalité ne fera état « que » de la baisse des taux …

Diego ORTEGA

Porte-parole des radicaux de gauche 

lundi 2 avril 2018

Méfiez-vous des imitations

Étrange communiqué de Paris Normandie.
Bien entendu, ce ne sont pas Les Radicaux
de gauche qui fusionnent, puisque ceux-ci
ont refusé de se dissoudre dans une alliance
de centre-droit ... ceci est valable à Louviers
comme ailleurs. 
Les Radicaux de gauche de Normandie communiquent :

Méfiez-vous des imitations !


Le communiqué de radicaux de gauche de l’Eure annonçant leur fusion avec les valoisiens relève de l’étrange.
Ils se réclament du parti radical de gauche qui n’existe plus ni en France ni dans le département et dont je suis le dernier président. 
M. Dupont cité dans le communiqué n’en a jamais fait partie. 
Réunie en assemblée générale,  les membres de l’ancien  prg de l’Eure a refusé de se dissoudre dans le Mouvement social-libéral censé regrouper les radicaux des deux camps.
En créant leur nouvelle structure, Les Radicaux de gauche poursuivent la démarche de ceux qui œuvrent depuis un demi-siècle pour une gauche progressiste, ouverte et européenne dont notre pays et nos territoires ont besoin. Pour eux, le radicalisme est indissolublement lié à la gauche.
Ce nouveau parti rejette toute alliance avec les partis du centre droit. Pour nous, être radical, c’est forcément être de gauche … à l’opposé de la démarche fusionnelle avec ceux à qui nous nous opposons depuis cinquante ans. La fusion ne saurait se faire au nom des Radicaux de gauche.

Olivier Taconet
Ancien président du prg 27
Référent normand des Radicaux de gauche
0679319885
olivier.taconet@orange.fr


J'ai adoré mai 68

La jeunesse française cherchant sa place
a su se retrouver dans l'image audacieuse
et généreuse de Cohn Bendit
Hommage soit rendu à José Alcala qui me permet de parler (un peu) de mai 68. 
Je dois avouer d'ailleurs que c'est à reculons que j'ai lu le post de sa caméra diagonale. Je voulais tout sauf m'engager dans une leçon sur une histoire vieille d'un demi-siècle, même si je m'en souviens comme si c'était hier. 
Pourtant, parce qu'il est subjectif, parce qu'il se revendique comme tel, le post de José est sans doute ce qu'on peut écrire de mieux sur le sujet; à la manière d'ailleurs dont France inter retrace la période par une suite de témoignages successifs aussi poignants que significatif du dernier événement marquant de notre histoire. 
A dire vrai les jugements sur mai 68 m'énervent, qu'ils relèvent du panégyrique comme de la condamnation. Ils ne sont pas à la hauteur du temps qui passe et de l'émotion qu'il dégage.
Mais justement, malgré son titre, le témoignage de José Alcala m'a épaté. Il présente une suite d'images entre l'émigré espagnol, engagé à 19 ans dans la télévision d'Etat déconcentrée et chargé de commenter des événements auxquels personne ne comprenait rien. 
J'avais 13 ans et j'habitais à Mont-Saint-Aignan à un kilomètre de la fac. J'allais au lycée à Rouen, et j'ai assisté à la montée en charge de la révolte de la jeunesse française. J'avais nettement le sentiment de vivre un moment privilégié.
Pour la grande majorité des français, il n'y avait
qu'une chaîne en noir et blanc, ringardisée par
cette célèbre caricature ... qui était aussi un appel
à la modernité
A vrai dire, les privilèges étaient partout. Il faisait beau, il n'y avait pas d'école. Les gens se parlaient partout, tout le temps. Ils parlaient de la révolution, de leur désarroi, de la jeunesse, de leurs attentes, les gens se parlaient de tout. J'ai vu mon père chanter l'internationale toute fenêtre ouverte, c'était la première et la dernière fois. J'ai vu  un drapeau rouge brûler à côté d'un drapeau bleu blanc rouge ... c'était au cirque d'hiver de Rouen sur le boulevard du Boulingrin, aujourd'hui disparu. A 13 ans, j'avais un regard d'enfant fasciné par l'héroïsme des grands frères, de ma grande sœur, et je savais qu'il était normal que je ne comprenne rien, puisque, eux, comprenaient tout. Ce n'est que bien plus tard que je compris que personne ne comprenait rien.
En mai 68, tout le monde était fou. La société était folle, folle d'espoirs et de générosités. Quelques années après l'invention du rock and roll et du twist, la société française, encore honteuse de la guerre et de la collaboration n'avait offert à sa jeunesse que la blessure invisible de la guerre d'Algérie. Sans

Le mouvement contestataire s'est limité à la jeunesse un peu
partout dans le monde. Seule la France a connu une grève
générale de plusieurs semaines. 
doute est-ce là l'une des raisons profondes du fait que la société toute entière se soit engagée derrière une révolte qui ne s'est pas limitée, comme ailleurs dans le monde au milieu étudiant. 
Mai 68 était un hymne à la liberté à la jeunesse bridée. Derrière le désir de révolution, ce formidable élan collectif, se cachait bien sûr les attentes individuelles d'une jeunesse en mal d'éclosion. On allait retrouver ses espérances dans un fatras mélangeant insatisfactions et idéaux généreux, tout ce qui, dans les années et décennies suivantes allait construire notre monde complexe et contradictoire. 
Je me permets de garder, au delà de souvenirs personnels que je dévoilerai au fil du temps, deux images emblématiques. 
La première est celle de la France entière a s'unissant en proclamant "Je suis Charlie", héritage précieux de l'esprit de mai, enfant d'Hara Kiri hebdo, organe de Mai 68. 
La deuxième, moins idéologique, plus technique est celle de la télé couleur. Eh oui, José Alcala le spécifie bien. Mai 68 est l'époque de la télé à une seule chaîne et en noir et blanc. 
C'est ce monde univoque que la jeunesse a rejeté, ouvrant la voie aux révolutions technologiques à venir. La société de marché a été la plus forte à répondre à des attentes que les révoltés eux mêmes ne soupçonnaient pas, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles frustrations. 

mardi 27 mars 2018

Priollaud attaque les cinémas de Louviers !

Préparons la riposte !

J'avais écrit lors du 30e anniversaire des cinémas Louviers l'incroyable histoire de l'équipement, fruit du pari de la détermination politique de l'équipe Fromentin-Martin et de l'engagement local de fous de cinémas... Il faut notamment rendre grâce au cinéphile François Bureau, capable à l'époque de convaincre de doter la ville de cet outil culturel indispensable. 
C'était un pari parce qu'à l'époque, en 1983, presque personne ne croyait en la survie du cinéma et il est vrai que sans les déterminations locales, sans Jack Lang, génial ministre de la Culture, le cinéma en France ne serait pas différent de ce qu'il est par exemple en Italie ou en Angleterre où, malgré la haute qualité de leurs créateurs, les aides publiques au cinéma permettent le maintien d'un modèle qui fait de la France le phare de la diffusion cinématographique de qualité
Ainsi, le cinéma de Louviers, a-t-il pu se maintenir et se développer malgré quelques épisodes difficiles On se souvient notamment que, sous l'aire de la Rpr Odile Proust, le cinéma avait failli fermer Une manifestation de la gauche lovérienne, soutenue par la population avait permis de trouver une solution en faisant appel à Richard Patry et à Jean-Edouard Criquioche. 
Depuis, l'équipement a prospéré et a montré son aptitude à résister aux pôles d'attractivité que constituent Evreux et la métropole rouennaise. Ce n'est pas tout. Le cinéma, grâce à l'action de la municipalité Martin a réussi à servir d'appui au spectacle vivant dans le cadre d'un partenariat avec la scène nationale. De la même manière, l'association derrière l'écran permet de développer à Louviers le cinéma d'art et d'essai. Bref, en plus d'un outil d'animation devenu indispensable, le cinéma de Louviers, deuxième cinéma du département pour la fréquentation, est aussi devenu un outil majeure qui a permis à Louviers d'être la capitale culturelle de l'Eure ... mais ça, c'était avant, sous la municipalité Martin. Depuis, la droite a réduit ses aides, et Priollaud (qui ne perd pas une occasion de s'attaquer à l'attractivité de Louviers) a commencé, après avoir mis l'équipement dans la difficulté commence à l'attaquer directement. 
C'est ce qui s'est dessiné lors du dernier conseil municipal, où Priollaud, prenant les devants a annoncé sans ambages qu'il allait proposer aux gestionnaires du cinéma un tel contrat qu'il proposait une convention provisoire ... Tu parles !
En fêtant en 2013 les 30 ans de cinéma à Louviers,
Franck Martin et Jean-Edouard Criquioche pensaient comme
touts les lovériens, les problèmes réglés définitevement.
C'était sans compter avec l'incompétence de Priollaud et
son mépris pour notre ville et nos équipements. 
Comme par un fait exprès, Priollaud a profité de la complicité du représentant du Front National en affirmant après lui que les gestionnaires ne payaient pas leur loyers. 
Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage ! 
C'est sur tous ces points que Jean-Edouard Criquioche a répondu dans une interview qu'il a livré à "La Dépêche" qui paraîtra jeudi matin. 
On peut penser qu'avec son franc-parler, le gestionnaire saura mettre les points sur les i et dénoncer l'incurie complète de la municipalité Priollaud qui, dès qu'il s'agit de culture, sort son pistolet à eau ! Dangereux pistolet à eau, lorsqu'il s'attaque au circuit électrique, mais le détail sera révélé dans la dépêche ... il faudra attendre après-demain ! 
En attendant, dès maintenant, préparons-nous à nous mobiliser pour défendre les cinémas !